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Influence des émeutes sur la campagne présidentielle

Nous sommes sur une poudrière. Le fait que notre pays ne soit pas, à cet égard, un cas isolé, n’est qu’une piètre consolation.
Comme nous l’avons souvent fait remarquer dans ces colonnes, le risque terroriste lié au développement de l’islamisme, s’accroît chaque jour. D’ailleurs, nous nous attendons tous, sans l’avouer toujours, à un nouvel attentat majeur, ici ou ailleurs. Ce que confirment tous les spécialistes, ainsi que tous les services officiels ayant pour mission le renseignement.

Il y a d’autre part les risques qui découlent de la déliquescence de la « société française ». Au point que cette notion, classique, et encore couramment utilisée, n’a plus grand sens. La France est devenue un pays où différentes communautés s’affrontent, où des centaines de quartiers, de cités, échappent à l’ordre républicain, tandis que plusieurs de nos libertés fondamentales sont constamment bafouées, que ce soit celle d’aller et de venir, ou celle de pouvoir s’exprimer sans forcément répéter les conventions du politiquement correct…

Les faits isolés qui résultent de cette situation se comptent chaque jour par milliers. La nuit, les voitures continuent à brûler. Et le jour, les agressions presque toujours gratuites, par exemple dans la rue ou dans les transports en commun, sont de plus en plus nombreuses. Et de moins en moins souvent enregistrées par les services de police.

Nous en avons connaissance parce qu’ils nous concernent directement, ou parce qu’ils ont touché des personnes proches. Par contre, les faits collectifs ne peuvent pas nous être tous cachés.

Ainsi, les émeutes – car ce n’était pas de simples échauffourées – qui ont émaillé, le jeudi 23 novembre, la sortie du match qui opposait, au Parc des Princes, l’équipe du Paris Saint-Germain au club israélien Hapoël de Tel Aviv. On ne fera ici qu’évoquer les faits. De même que ceux qui l’ignoraient ont découvert, à l’occasion de la finale du championnat du monde, avec le désormais coup de tête de Zidane, que les joueurs, sur le terrain, passaient une bonne partie de leur temps à s’insulter, de même, ils ont appris qu’une bonne partie des supporters de plusieurs clubs, en particulier ceux du PSG, sont des voyous qui viennent aux matchs imbibés de bière, avec la ferme intention d’en découdre dès le coup de sifflet final. Un supporter parisien a cru pouvoir faire remarquer, devant une caméra de télévision, que si son club avait mieux joué, les violences eussent été moindres… Vive le sport !…

Vu les circonstances de la cause, ce soir-là, l’antisémitisme s’est donné libre court. Un policier de 32 ans en civil, d’origine antillaise, a heureusement, au péril de sa vie, protégé un jeune de 23 ans, mais en blessant d’une seule balle deux autres jeunes de 25 et 26 ans, dont un mortellement.

« On voudrait être certain que, dans des circonstances similaires, mais avec des protagonistes différents – à savoir une horde de voyous de banlieue se ruant, au cri de “mort aux Français”, sur un policier blanc réagissant comme son collègue – la réaction des médias et des responsables politiques serait de même nature » (Pierre Deguignet, Garches (92), courrier du 25/11/2006).

En effet, dans le même temps, on sait que le ministre de l’Intérieur maintient les consignes données aux policiers intervenant dans les cités de non droit : ne sortir son arme de service qu’à la toute extrême limite. Et on a vu, à différentes reprises, des policiers en tenue se faire quasiment lyncher, sans riposter…

Sans être devin, on peut parier que les cinq mois qui vont s’écouler à partir de maintenant, jusqu’aux deux tours de l’élection présidentielle de 2007, les 22 avril et 6 mai, seront ponctués de violences et de drames comme nous venons d’en vivre au cours des cinq mois précédents.

Ce ne sont pas seulement sur leurs programmes, leurs images, leurs rêves, que les candidats à l’élection présidentielle seront jugés et appréciés par les électeurs, ce sera aussi par rapport à ces inévitables drames. On peut s’attendre à ce que Ségolène Royal poursuive sur son registre, où le mot « autorité » figure, mais rien d’autre, dans un flou irénique… Nicolas Sarkozy, tel un pompier face à un incendie de forêt, ne peut que prendre à témoin l’opinion à la fois de sa bonne volonté et de son impuissance… 

C’est dans ces conditions que Jean-Marie Le Pen, le seul à avoir fait preuve de clairvoyance sur les causes intérieures de cette situation, depuis bientôt 30 ans, malgré une présence médiatique toujours réduite, est aujourd’hui, au plus haut dans les sondages.

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