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Clivage droite/gauche : rappel au règlement

Notre journal, « Les Quatre Vérités Hebdo », est, sauf erreur, le seul à prôner clairement une entente à droite, du Front national à l’UMP. Seule Radio Courtoisie est sur une ligne très voisine puisque, au travers de ses 56 directeurs d’émission, elle donne la parole à tous les courants divers et variés de la droite française (voir page 4, la recension de notre entretien du 29 novembre, avec Henry de Lesquen, nouveau patron de cette radio, successeur de Jean Ferré. L’intégralité de notre entretien audio est toujours disponible sur notre site.

Quatre mois avant le premier tour de l’élection présidentielle du 22 avril 2007, la gauche, contrairement à la situation où elle se trouvait à la même période en 2002, est en bon ordre de bataille. Après les ralliements successifs à la candidate officielle du Parti socialiste, du Parti radical de gauche, puis des amis de Jean-Pierre Chevènement, en attendant celui très probable de Dominique Voynet – moyennant évidemment compensations sonnantes et trébuchantes, sous forme de circonscriptions (même les circonscriptions perdantes sont bonnes à prendre, car elles permettent d’engranger des voix pour le calcul du financement public des partis politiques…) – la gauche est à peu près certaine d’être présente au deuxième tour. Elle aura alors le renfort d’une bonne partie de la gauche « anti-libérale », emmenée au premier tour par la communiste Marie-Georges Buffet.

Par contre, de l’autre côté de l’échiquier politique, la stratégie du candidat médiatiquement dominant, Nicolas Sarkozy, ne laisse pour l’instant aucune place à quelque accord que ce soit avec la soi-disant extrême droite. Et comme Jean-Marie Le Pen, candidat naturel de cette famille politique, est à un niveau d’intentions de vote tel que personne ne peut exclure qu’il soit présent au second tour, comme en 2002, l’idée qui domine désormais à l’UMP est de tout faire pour l’empêcher d’avoir ses 500 parrainages officiels (notre éditorial de la semaine dernière).

Aussi longtemps qu’on sera dans un tel dispositif, la droite, au sens large, pourtant largement majoritaire dans l’opinion, risque fort d’être minoritaire au soir du deuxième tour de l’élection présidentielle. Cette asymétrie de la vie politique française, théorisée en son temps par le tacticien hors pair qu’était François Mitterrand, avec une extrême gauche bien reliée à la gauche de gouvernement par toutes sortes de passerelles, et une extrême droite ostracisée en permanence, n’est rien d’autre qu’un piège dans lequel tombent consciemment les pseudos stratèges de l’UMP.

Un sondage, publié la semaine dernière par le journal « Le Monde », fait apparaître une fois de plus que les thèmes développés avec succès par le Front National, notamment en matière de sécurité et d’immigration, sont largement partagés par l’ensemble de la droite. On pourrait en conclure qu’il est temps que les deux composantes de celle-ci acceptent de se parler. Que nenni ! Les faiseurs d’opinion des médias en concluent qu’il faut au contraire renforcer les défenses du ghetto. Et on attend encore la moindre déclaration d’un homme de l’UMP pour protester…

Dans le même temps, François Bayrou choisit comme thème majeur de sa campagne présidentielle le dépassement du clivage droite/gauche qui, selon lui, transforme la vie politique française en guerre civile permanente et surtout, pousserait à l’impuissance perpétuelle.

On verra le 22 avril, l’impact électoral d’un tel discours. Pour ma part, je pense qu’il n’a aucune chance de prospérer, pas plus qu’en 2002. Car au fur et à mesure que s’approche l’échéance, le clivage droite/gauche retrouve sa force. Non seulement, il vient spontanément dans la bouche de tous les observateurs, mais encore, la quasi-totalité des électeurs s’y retrouvent, se situant eux-mêmes, et fort bien, sur cette échelle.

On me demande souvent d’apporter une contribution au débat permanent sur le contenu concret de ce clivage droite/gauche. Des centaines d’ouvrages ont été consacrés à l’examen des valeurs réciproques de la droite et de la gauche. La vérité est qu’elles varient dans le temps, au point de s’inverser souvent (cf. les rubriques patriotisme, nationalisme, colonialisme…). C’est si vrai que, si l’on retient un critère ou un autre (les valeurs familiales, le libéralisme…), il est souvent partagé par les deux camps. C’est la raison pour laquelle je m’en tiens pour ma part à une définition purement nominaliste. Je tiens comme étant de droite, toute personne se disant telle. Et, en général, au moment de mettre son bulletin dans l’urne, elle le sait très clairement…

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