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Cette campagne présidentielle qui s’achève

Nos lecteurs iront voter le 22 avril, qui pour Nicolas Sarkozy, qui pour Jean-Marie Le Pen, qui pour Philippe de Villiers et qui pour François Bayrou. À ce jour, aucun correspondant ne m’a indiqué vouloir voter pour un des huit autres, encore que certains seront sans doute tentés par Frédéric Nihous, le candidat de Chasse Pêche Nature et Tradition (CPNT).

Cette diversité reflète la ligne politique de ce journal : pas d’ennemis à droite, libre expression de tous les points de vue – y compris ceux qui ne sont pas partagés par la rédaction – s’ils se réclament de la droite !

Attention, je viens de citer le nom de François Bayrou, non pas parce que je le compte à droite, mais seulement parce qu’un de mes correspondants m’indique les raisons qui font qu’après avoir voté Le Pen en 2002, il préfère cette fois voter Bayrou : pour faire battre le candidat de l’UMP au 2e tour, comme il avait voulu contribuer à faire échec au candidat du parti socialiste la dernière fois.
J’indique en passant, une fois de plus, que je défends une conception purement nominaliste de la droite et de la gauche (clivage que je tiens pour majeur) : sont de droite, selon moi, tous ceux qui se disent tels, nonobstant leurs éventuelles déviances…

Et ne sont pas de droite ceux qui se disent eux-mêmes ailleurs. Dans ces conditions, nous dirons que se sont qualifiés pour ce 1er tour trois candidats de droite, deux candidats du centre ou « d’ailleurs » (puisqu’ils se disent tels) et sept candidats de gauche et d’extrême gauche. Or toutes les études d’opinion indiquent que le rapport droite/gauche, axe sur lequel se situent très bien les électeurs eux-mêmes, penche en faveur de la première dans la proportion de 55/45, voire 60/40. Il est plus facile, malgré cela, de trouver 500 signatures de grands électeurs quand on est trotskiste plutôt que libéral. C’est quand même à noter !

J’ai indiqué ici même les raisons qui m’amènent à faire le choix de Jean-Marie Le Pen et je n’y reviens pas. Je vous livrerai mon pronostic pour le 1er tour la semaine prochaine. Pour l’instant, aujourd’hui, je veux me contenter de quelques remarques sur cette campagne qui s’achève… sans avoir vraiment commencé !…

Dans une démocratie vivante, les questions cruciales seraient abordées avant toutes les autres. Or la France est affectée par sept plaies, qui sont autant de problèmes graves, sur lesquels un candidat sérieux à la présidence de la République doit avoir des réponses claires. Cela vaut au plan international pour au moins deux dossiers : la dissémination nucléaire et la montée de l’islamisme intolérant et violent. La panne des institutions européennes, et même leur utilité est le troisième. L’immigration incontrôlée, et toujours croissante, comme un flot qui écarte les vannes, et l’insécurité dont souffrent aujourd’hui dix fois plus de personnes qu’il y a vingt ans, sont les deux suivants. L’excès de la dépense publique et le pouvoir de nuisance exorbitant de syndicats stipendiés sont les deux derniers. Or qui, à part Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers, en tout cas parmi les candidats qui selon les sondages pourraient figurer au 2e tour, se donne la peine d’aborder franchement et clairement ces questions si vitales que l’avenir de la nation et de nos enfants en dépend ?

Pendant ce temps-là, les ergotages sur de nouveaux contrats de travail, ou les propositions insanes sur de nouvelles subventions aux entreprises, qui n’intéresseront jamais le moindre entrepreneur digne de ce nom, semblent occuper à plein-temps les armées mexicaines de nos états majors politiques.

Une majorité de Français sont las de ces propositions présentées par centaines, évidemment pour éluder les questions qui hantent les esprits des plus lucides de nos concitoyens !

Une dernière remarque sur les médias, et d’abord sur les premiers des mass-médias que sont encore les chaînes de télévision. Certes, elles ont consacré au débat présidentiel des centaines d’heures d’antenne, apparemment bien suivies par les téléspectateurs. Mais presque toujours ces shows étaient résolument infantilisants. Et systématiquement biaisés. On respecte à peu près les directives du CSA en termes quantitatifs, mais au plan du contenu, et donc du message, le parti pris de ces médias est honteux ! Sans vouloir anticiper sur les élections législatives qui suivront, on a l’impression que des consignes circulent déjà dans les médias pour préparer un nouveau « front républicain » : pour faire barrage une nouvelle fois à l’élection de tout élu du Front National. Si ce n’est le 6 mai, en tout cas au 2e tour des élections générales qui suivront.

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