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Le Journal d'Alain Dumait » France » Sur l’environnement, le marché a beaucoup à dire

Sur l’environnement, le marché a beaucoup à dire

Nous avons déjà, dans ces colonnes, largement traité du « Grenelle de l’Environnement ». Comme toujours, en laissant s’exprimer une large diversité de points de vue. Guy Millière en attendait le pire. Et Pierre Lance le meilleur… Bernard de Fabrègues (page 5 de ce numéro) nous rappelle opportunément que si le réchauffement climatique est une réalité indiscutable, la part des activités humaines dans l’explication du phénomène, reste à mesurer scientifiquement. Bernard Trémeau (page 2) replace le débat dans la perspective qu’il mérite, celle de l’histoire de l’humanité.

Ma réflexion prendra comme point de départ sa conclusion : en effet, l’homme est parfaitement capable, avec son intelligence, d’obtenir un développement non polluant. Mais, pour cela, il ne faut pas l’empêcher d’agir, d’inventer, d’entreprendre, avec toutes sortes de lois frileuses.
La croissance économique est-elle possible sur longue période, sans dégradation de l’environnement ? L’histoire moderne, depuis le milieu du XVIIIe siècle, jusqu’à la situation présente de la Chine ou de l’Inde, devenus les ateliers du monde, pourrait nous inciter à répondre par la négative. Pourtant, dans les pays développés, la croissance est de moins en moins destructrice de ressources naturelles. Les services se sont substitués à l’industrie. L’homme numérique est écologique, sans toujours le savoir.

Je pourrais reprendre la longue liste des blessures infligées par le progrès à l’homme ou à la nature, dressée par Pierre Lance, dans son « appel » (<www.les4verites.com>). Elle est pertinente. Mais qui est coupable ? Le capitalisme et l’économie de marché, ou au contraire les adversaires de celle-ci ? J’observe que le subventionnement massif de l’agriculture des pays riches est la principale cause du productivisme et de l’emploi à forte dose de pesticides mortifères. Dévoiement du capitalisme. Et ruine des agricultures de subsistance des pays pauvres, qui représentent encore la moitié de la population du globe. Pauvreté dont la principale raison est tout simplement la folie autoritaire de leurs funestes dirigeants.

Les obstacles à la construction de centrales nucléaires, aux études sur les surgénérateurs ou au financement de celles sur le développement de la filière hydrogène accroissent notre dépendance vis-à-vis des énergies fossiles non renouvelables. Heureusement que le marché est là, avec son merveilleux système de prix. C’est évidemment le pétrole cher, et non pas tous les Nicolas Hulot de la planète, qui constituera le facteur le plus puissant pour développer des alternatives aux hydrocarbures. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ce renchérissement fait si peur à ceux qui sont les premiers à en profiter, les pays producteurs de l’Opep, car eux connaissent les mécanismes de marché, et les effets économiques, à court et à long terme d’un prix élevé.

J’ai remarqué qu’aucun atelier du « Grenelle de l’Environnement » n’avait été consacré aux problèmes des flux migratoires. Pourtant, la dimension écologique de cette question est évidente. Non seulement, dans les pays riches, mais encore plus dans les pays pauvres qui, de ce fait, perdent chaque année une partie importante de leur capital humain. Or, qui ne voit que c’est l’État-providence qui provoque l’essentiel des flux migratoires ?

C’est la peur de la concurrence (complexe du plombier polonais, repoussoir du coolie chinois…) qui explique chez nous toutes ces rentes de situation scandaleuses.

Les produits de la merveilleuse chimie sont appelés à la barre du tribunal écologique. Nul ne peut se plaindre d’y être cité. Mais comment le jury serait-il impartial quand on a tout fait, depuis des décennies, pour infantiliser le consommateur et abrutir le citoyen ? S’ils retrouvaient la responsabilité de leur santé, c’est-à-dire la souveraineté de leur corps et de leur vie, ils seraient plus attentifs à ce qu’ils mangent.
Pierre Lance dénonce les ravages des maladies nosocomiales et iatrogènes. Toute opération, toute piqûre, comporte un risque irréductible. Mais le gigantisme hospitalier, tout comme le système de la sécu, avec la surconsommation de médicaments qui en découle, y ont leur lourde part de responsabilités.

Je suis d’accord pour que l’on fasse payer au kilo et même au gramme toute production de pollution. Mais à la condition que l’argent collecté aille uniquement à la recherche pour éradiquer la chose.

Finalement, j’ai du mal à m’enthousiasmer pour les résultats de ce happening. Le pétrole à 92 dollars le baril me paraît autrement plus important !

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