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Sauver les entreprises. Sans l’argent des contribuables !

Nous serions, ce jour (samedi 3 janvier au matin) quelques 6 750 830 175 habitants sur notre pauvre petite planète (source : <wwww.populationmondiale.com>). C’est beaucoup. Et tous, ou presque, sommes concernés par cette crise économique, sans doute la plus forte jamais enregistrée sur l’échelle de Richter des économistes, depuis que ceux-ci observent les taux de croissance et les produits intérieurs bruts.

Nombreux sont ceux que l’angoisse étreint, pour eux ou leurs enfants, parce qu’ils devinent qu’au cours des prochaines semaines le chômage va faire des ravages, les dépôts de bilan se multiplier, avec leurs inévitables cortèges de détresses…

Après la crise financière et économique, la crise sociale est aux aguets, avec ses risques de violences…

Les politiciens aussi ont peur. Que peuvent-ils faire ? Que doivent-ils faire (ou ne pas faire) ?

On est tout d’abord en droit d’attendre d’eux un peu de lucidité et d’honnêteté dans l’analyse de la situation. Ce qui les conduirait à reconnaître leur part de responsabilités, qui, selon nous, est immense.

Ne l’oublions pas : les « subprime » (ces crédits pourris, « fourgués » à des impécunieux, qui n’auraient pu rembourser leurs prêts qu’à la condition que la bulle immobilière enfle indéfiniment), ce sont eux ! Les sautes d’humeur des taux d’intérêt et des politiques monétaires, ce sont eux ! Les monopoles des instituts d’émission, ce sont eux ! la bulle du crédit, ce sont eux ! La réglementation des banques et leurs contrôles (évidemment défaillants), ce sont eux ! Le capitalisme où le crédit a remplacé les capitaux propres, ce sont eux ! le capitalisme sans capitalistes, remplacés par des managers technocrates et souvent autoproclamés, ce sont eux !

Non pas que le capitalisme et les capitalistes aient toutes les vertus, loin s’en faut. Mais même les dérives si souvent décriées, en particulier ces derniers temps, comme ces « parachutes dorés », ou les dépenses somptuaires d’entreprises dans l’antichambre de la faillite, ne sont que des perversions rendues possibles le plus souvent par l’existence de ce faux capitalisme managérial, qui est l’inverse du vrai capitalisme.

Quant aux deux scandales emblématiques de l’année 2008, les affaires Kerviel en France et Madoff à New York, les questions qu’ils posent concernent moins les escrocs en question que l’inefficacité des contrôles. Comme l’a fort bien dit Dominique Strauss Kahn – c’est d’ailleurs la seule parole intelligente de ce personnage… – « il y aura toujours des voleurs, mais que fait la police ? »

Une grande banque française, dirigée par un ex-haut fonctionnaire suffisant, laissait un jeune homme spéculer dans son coin avec l’argent des actionnaires, dans des opérations que personne ne comprenait à l’étage de la direction générale. Est-ce du capitalisme pur et  dur, ou du capitalisme dévoyé par l’environnement politique ?

Un gérant de fonds promettait des performances déraisonnables. Ceux qui lui ont apporté leur argent spontanément sont des gogos. Et les banquiers qui lui ont confié l’argent d’épargnants sont des salauds. Il serait temps d’enseigner, dès l’enfance, qu’avoir du bien constitue une lourde responsabilité.

De toutes ces observations une politique diamétralement opposée à celle mise en place découle logiquement.

L’épargne, transformée  en fonds propres pour les entreprises, peut seule remplacer le crédit excessif d’avant la crise. Les pouvoirs publics peuvent réduire les taxes sur l’épargne et encourager le financement direct des entreprises par une partie des épargnants : ceux qui sont prêts à le faire. Le plus tôt sera le mieux. C’est par l’épargne que l’économie repartira, y compris les pauvres banques, avec leurs bilans en charpie…

On a parlé – à juste titre – de la bulle Internet, puis de la celle de l’immobilier, celle du crédit, celle des pétrodollars… Mais la bulle la plus néfaste est de loin celle de la sphère publique, qui stérilise, ou presque, plus de la moitié de la richesse d’un pays comme la France. La crise en découle, par le biais de dérèglements, presque tous issus de cette funeste emprise.

Les pouvoirs publics ne doivent surtout pas ajouter des impôts aux impôts, de la dette publique à la dette publique, mais au contraire réduire son budget et son inepte déficit.

Dans ces conditions faut-il « aider » les entreprises en difficulté, hier les banques, aujourd’hui l’automobile et demain toutes les autres ? Bien sûr que non !

Cela peut paraître cruel. Mais prendre au peuple ou à nos enfants l’est davantage encore. Montesquieu le disait déjà, «  Il ne faut point prendre au peuple sur ses besoins réels pour des besoins imaginaires de l’État  ». Car on sait très bien que ni General Motors ni Renault ne seront sauvés par les milliards qui leur seront prêtés en pure perte, mais qu’ils ne peuvent l’être que par de nouveaux entrepreneurs, de nouveaux capitalistes, avec de l’argent qui ne peut venir que des endroits où il se trouve, c’est à dire c’est à dire des pays qui ont eu la sagesse d’épargner, pendant que nous vivions à crédit.

Et que ceux qui veulent sauver les entreprises le fasse, volontairement ! Je propose le lancement d’un grand emprunt. Mais SGDG, sans garantie du gouvernement !

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