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Le Journal d'Alain Dumait » France » Les syndicats, responsables de la situation qu’ils dénoncent !

Les syndicats, responsables de la situation qu’ils dénoncent !

plan-relanceLa « grande grève » de ce 29 janvier 2009 est placée sous le signe d’un slogan de la CGT : « La crise c’est eux, la solution c’est nous !… ».

Cette journée, en préparation depuis deux mois environ, a fait l’objet de plusieurs communiqués intersyndicaux dont l’un commençait ainsi : «Alors qu’ils n’en sont en rien responsables, les salariés, demandeurs d’emploi et retraités, sont les premières victimes de cette crise. Elle menace l’avenir des jeunes, met à mal la cohésion sociale et les solidarités ; elle accroît les inégalités et les risques de précarité…»

L’objectif des syndicats, en mobilisant leurs troupes « contre la crise », est donc, en premier lieu, de s’exonérer de toute responsabilité dans celle-là. Et, à partir de là, d’en faire porter celle-ci « au grand capital », et à ses « valets », les hommes politiques, de droite ou de gauche…

Est-ce si sur ? Que les salariés, un par un ou globalement considérés, ne soient pas directement responsables directement de la présente crise économique, on peut le prétendre, encore que, si des personnes dénommées portent une certaine responsabilité dans cette situation, il y a fort à parier que certaines d’entre elles ont bel et bien un statut de salarié. Madoff n’était peut être pas salarié, mais Kerviel l’était… Il serait donc hasardeux de prétendre qu’aucun salarié n’est responsable.

Quant aux salariés collectivement considérés, il s’agit d’une catégorie qui, au delà de son statut au regard du droit du travail, n’a à peu près aucune cohérence.

En fait, quand les syndicats disent « les salariés », ou bien « les travailleurs », ou encore « les masses laborieuses », faisant semblant de se référer à un mythe, ils se désignent eux-mêmes.

Ce que les organisations syndicales organisatrices de cette « grande grève du 29 janvier 2009 » veulent surtout dire, en premier attendu, est qu’ils ne sont pas du tout responsables de la situation actuelle. Ils se posent en innocentes victimes. Ils n’ont rien fait. De toute façon on ne les écoute jamais…

Mais rien n’est moins faux ! Car c’est bel et bien l’idéologie véhiculée par les syndicats de salariés qui est avant tout responsable de la crise ! comme ce sont eux, encore, qui sont responsables des mauvaises réponses qui y sont apportées. Les gouvernements – Roosevelt en 1933, comme Sarkozy en 2008, ou Obama en 2009 – n’ayant à peu près aucune idée a priori (ils appellent cela du « pragmatisme »…) et agissant, de façon désordonnée et contradictoire, sous l’influence de l’opinion en général et des syndicats en particulier. (Ce que démontre magistralement le professeur Florin Aftalion dans sa tribune publiée par le Figaro daté du 28 janvier 2009.)

Nous avons déjà développé ici même notre conviction que la crise s’explique essentiellement par une série d’initiatives malheureuses des hommes politiques. Mais ces politiques sont largement inspirées par les syndicats, ou menées pour tenter de les séduire, au moins les calmer… C’est si vrai que cette grève du 29 janvier 2009 a pour but affiché d’influencer la politique du gouvernement, afin que celui-ci augmente les salaires, les pensions de retraites, les subventions de toutes sortes … et en fin de compte les dépenses publiques en général, la dette de l’Etat en particulier. Considérant sans doute qu’une telle orientation loin d’être responsable de la crise en serait une solution…

Les syndicats de la faillite !

Voyons les choses de plus près et demandons-nous – s’agissant par exemple des « subprimes », de la bulle monétaire et de l’excès des crédits qui en résulte, ou du capitalisme cupide… – si les syndicats n’y sont vraiment pour rien.

– Qui peut nier qu’il y a une relation très forte entre la politique dite de logement social et les syndicats, et que les « subprimes » ( ces crédits immobiliers taillés sur mesure pour des clients fauchés) ne sont rien d’autre qu’une mise en musique, commencée il y a plus de 60 ans, d’un air inventé par l’idéologie syndicale ?

– J’entends par bulle monétaire le fait que depuis de nombreuses années la création monétaire a été trop importante. Les banques se procuraient des ressources trop importantes auprès des banques centrales et ensuite faisaient trop de marketing pour les redistribuer sous formes de crédits. La raison profonde de cette funeste gestion est que les autorités monétaires, fussent-elles indépendantes, partagent avec les hommes politiques et les syndicats l’idée fausse selon laquelle le crédit pas cher favorise l’investissement, et donc l’emploi et la prospérité. Ce qui devient faux, à terme, quand l’épargne est détruite, au passage, par cette politique.

– Quand au capitalisme cupide – mais qui n’est pas cupide ?… – J’ai déjà eu l’occasion de remarquer qu’il l’était d’autant plus qu’il s’inscrivait dans des structures aussi peu capitalistes que possible, soit que les capitaux soient publics, soit que le pouvoir appartienne au management, soit encore qu’une savante construction donne à croire qu’on puisse se développer sans capitaux propres.

Et qui a voulu et eu la peau des affreux capitalistes si ce n’est ce que je nomme ici l’idéologie syndicale ? Exactement la même que celle qui pousse jour après jour à la dépense publique, aux déficits et à la mauvaise gestion.

Une fois de plus, les manifestants derrière les banderoles des manifs du 29 janvier se sont laissés abuser et manipuler. Ils ont été les acteurs d’une imposture, les imposteurs étant les chefs syndicaux, stipendiés, qui n’ont de cesse de saper l’économie c’est-à-dire la société.

Lecture recommandée : « Petit manuel éconoclaste pour comprendre et survivre à la crise » http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/tarle-axel-de/petit-manuel-econoclaste-pour-comprendre-et-survivre-a-la-crise,20704871.aspx/

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11 réponses pour "Les syndicats, responsables de la situation qu’ils dénoncent !"

  1. Jacques Peter dit :

    Le syndicalisme porte certainement une lourde part de responsabilité dans l’origine de la crise et les solutions inadaptées qui sont proposées. Mais à mon sens les responsables sont plus nombreux et plus diffus. C’est toute cette nébuleuse de gens qui se réclame du « politiquement correct ». C’est à dire la primauté du collectif sur l’individu, de l’égalité des conditions sur l’égalité en droit, des règlements sur le marché, de la redistribution imposée par l’Etat à celle du marché et de la générosité, etc., etc.
    Ce sont ceux qui propagent et appliquent le « politiquement correct » qui sont les responsables. Ils sont malheureusement beaucoup plus nombreux que les syndicalistes. Plus nombreux et plus insaisissables, hommes politiques, faiseurs d’opinion, conseillers discrets…

  2. Lapin blanc dit :

    Tu m’étonne qu’il n’y a pas de commentaires à un torchon pareil…
    Bravo la droite réac
    Vivement le grand soir que l’on fasse un peu le ménage dans cette société de cafards qui ne sait que s’engraisser sur le dos des autres.
    La première gabegie vient de nos politiques
    Couts des déplacements de Sarkoléon (Le nabot)??? et de ses lieutenants???
    Ce sont eux qui piquent dans les caisses… pas le smicard. A preuve du contraire l’argent public est là pour financer les infrastructures, les services publics, la santé… pas les banque C’est basique mais c’est ainsi.
    Il faut simplement être de connivence avec cette clique pour trouver cela normal…Stop la lobotomie des masses laborieuses.
    Il est évident que pour manipuler les individus et leur faire avaler des couleuvres, il faut une éducation la plus sommaire possible, une télé la plus conne possible et contrôler le mental des individus. D’où une destruction systématique de l’éducation, la Recherche, la santé, la culture…

    Dérive vers un régime fascisant…et totalitaire. Pas une tête ne doit dépasser….

  3. Lapin blanc dit :

    Et comme Sarko est tt petit, cela donne une idée de la hauteur des têtes

  4. Prégentil dit :

    Les « solutions syndicales » et le blocage des réformes au nom de la consultation desdits « partenaires sociaux » font certainement des syndicats un Etat dans l’Etat au service des vieilles lunes du foutoir de la lutte finale. Ils pratiquent la politique du pire et ils y croient encore.
    Ces syndicalistes sectaires transpirent la haine sociale. Ils sont d’autant plus néfastes qu’ils possèdent le soutien de la classe médiatique ainsi que celui de l’appareil éducatif transmettant un padigme anti-libéral.

  5. JP Lucas dit :

    Une partie de la solution consiste à demander aux employés du secteur
    public de choisir entre le statut de fonctionnaire ou le droit de grève
    qui sont, par définition, incompatibles pour garantir la continuité du
    service public ; c’est aussi la raison pour laquelle ce statut avantageux
    a été créé en échange de ce devoir de continuité donc d’absence de grève.
    Que dirait-on d’une armée qui se mettrait en grève lors d’un conflit ou
    ferait jouer un droit de retrait fort justifié en l’occurence ? Tout
    fonctionnaire en grève devrait automatiquement perdre le bénéfice de son
    statut !

  6. Zorro dit :

    Ce n’est pas avec des brûlots de ce genre qu’on résoudra la crise. Il faut quand même avoir un sacré culot – ou une mauvaise foi à toute épreuve – pour prétendre que la crise immobilière aux USA est due aux syndicats… Si les banques ont prêté à tout va, c’est que les gens n’avaient plus les moyens de financer leurs achats immobiliers, et surtout en raison de la surenchère des banques, intéressées avant tout à prendre des parts de marché à leurs concurrentes, et à se débarrasser vite fait de ces créances pourries. L’autre grand coupable, c’est Alan Greenspan, qui a ouvert en grand les robinets du crédit à bas coût. Les syndicats n’y sont pour rien. Et fermer les yeux devant l’incroyable cupidité sans scrupules des grandes institutions financières relève de l’inconscience ou du mensonge. Il faut admettre, Monsieur Dumait, que cela vous plaise ou non, que le capitalisme, que rien ne contrôlait plus, est devenu fou. La réaction du peuple le 29 janvier est peut-être inappropriée, mais elle est compréhensible, et rejeter la faute sur ceux qui pâtissent de la crise ne fait que jeter de l’huile sur le feu.
    J’ai décidé de quitter votre association Contribuables Associés, et votre billet irresponsable me conforme dans ma décision. Ce sont des gens comme vous qui créent les explosions sociales. Dommage qu’il n’y ait plus de pilori pour vous y clouer… au moins le bec.

  7. Le Gaulois dit :

    OUI pour l’ensemble de cet article.
    Un bémol cependant sur la relation entre les syndicats US et la crise des subprimes.
    Personnellement, je ne peux pas croire qu’un type aussi avisé en gestion et en économie que M.Paulson ait lancé un large plan de prêts immobiliers Hypothécaire en faveur de gens même insolvables uniquement sous la pression des syndicats ou pour flatter l’electorat de Bush.
    J’ai bien une opinion sur la stratégie mise en oeuvre par M.Paulson, mais ça déborde du sujet.

    Je partage tout à fait votre opinion sur le rôle manipulateur des syndicats.
    Il y a une organisation regroupant tout les syndicats europeens qui à l’intention de lancé des manifestations simultanées dans toute l’Europe. J’ai entendu leur leader français parler le 29 au soir sur BFM ou Canal+, je ne saurais être précis sur le média.
    Leur slogan de ralliement est:”L’euro est fort donc les salaires doivent être fort”!!!
    C’est dire à quel point il peuvent utiliser la propande et un obscurantisme moyennageux pour manipuler les gens avec des non-sens.

    Politiques ou syndicalistes, des ambitions pas de solution, ça c’est mon slogan et je répète qu’en 2009 je ne voterai qu’à la Nouvelle Star d’M6.

  8. Michael Tim dit :

    I love your site!

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  9. pepucho dit :

    Ce site est est dirigé par un tas d’ordures d’extrême droite qui ne savent même pas ce que signifie simplement gagner sa vie.
    Contribuables associés, je suis Syndicaliste, Communiste et je vous chie à la gueule!

  10. Alain Dumait dit :

    « J’approuve » ce commentaire pour qu’il puisse constituer une trace, destiné aux générations futures, de la délicatesse d’un « syndicaliste communiste » en janvier 2012…

  11. PPierrot dit :

    Pepucho ou Mélenchon???

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