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L’Amérique ressort la planche à billets !

krack
Le bref communiqué publié hier soir, heure de Paris, par la banque centrale américaine (http://www.federalreserve.gov/newsevents/press/monetary/20090318a.htm et, en français,   http://www.france24.com/fr/20090318-le-communique-reserve-federale ) marquera certainement un tournant important dans l’histoire de la crise économique que nous vivons.

En décidant de racheter sur le marché à hauteur de 300 milliards de $, des obligations à long terme (à 8 et 10 ans, semble-t-il) émises par le Trésor américain, la fed commence à monétiser la dette publique : elle ressort la planche à billets pour financer les plans de relance.

Selon les observateurs économiquement corrects il s’agit d’un message donné aux marchés, et en particulier aux Chinois : la fed emploiera tous les moyens conventionnels et non conventionnels pour relancer l’activité économique. Et, si les titres représentatifs de la dette américaine (qui actuellement explose littéralement), un jour, devaien t ne plus trouver preneurs, elle les prendrait elle-même directement en pension, créant autant de monnaie supplémentaire qu’il en faudrait pour ce faire…

Cette action, qui est aussi un message, a une autre conséquence : en réduisant la pression sur ces obligations à long terme, elle fait baisser les taux d’intérêt, et donc mécaniquement, elle fait monter les cours de ces obligations (car ceux-ci évoluent à l’inverse des taux. Quand les taux baissent, les cours montent). Autant de pris pour les portefeuilles institutionnels, qui en ont bien besoin.

Et, comme la BCE ne peut pas en faire autant (pour l’instant), ça fait monter l’euro… C’est bon pour les exportations américaines…

Cette initiative serait immédiatement inflationniste dans un autre contexte. Mais, avec des consommateurs qui se remettent à épargner, par précaution, pour l’instant, la crainte immédiate est plutôt du côté de la déflation.

 

Au delà de ces remarques plutôt banales, cette décision est une confirmation : à ce jour les autorités américaines (Gouvernement + Trésor + fed) pensent pouvoir restaurer la confiance et faire repartir l’économie avec les mêmes instruments que ceux qu’il ont toujours utilisés depuis un siècle, à savoir l’inondation monétaire et les manipulations financières, mis en oeuvre cette fois encore plus massivement qu’auparavant, et sans renoncer au statut exorbitant du dollar.

Est-ce que cette stratégie peut marcher ?

Pour un moment, peut-être.

Mais, au-delà, trop de dettes, trop de monnaie, provoqueront forcément une nouvelle bulle. Avec Warren Buffet, on peut annoncer que la prochaine bulle sera celle des obligations émises par l’Etat. Dès que les taux d’intérêt remonteront, les détenteurs de portefeuilles seront ruinés. En outre, toute reprise économique, même faible, s’accompagnerait du retour de l’inflation. Ce que certains économistes d’ailleurs souhaitent et prévoient…

Il faut, il faudra, revenir à quelques principes simples.

Les dettes doivent être remboursées, à leur valeur d’émission, en pouvoir d’achat. La morale l’exige.

Il faut les réduire et non pas les augmenter. La morale et l’efficacité économique le veulent.

Les banques centrales n’ont pas pour mission de créer de la fausse monnaie.

Le dollar n’a aucune raison d’être la monnaie mondiale de référence.

 

La liberté de créer et d’échanger doit s’appliquer aussi à la monnaie. Il n’y a aucune raison sérieuse pour continuer à interdire aux particuliers américains de détenir de l’or. Et, plus généralement, d’empêcher que l’or soit utilisé, si on le veut, comme une libre référence.

 

Pour votre épargne, pour transmettre à vos enfants, préféreriez-vous avoir des créances en dollars, eu euros ou en or ? Et de quel droit ne pourrait-on pas seulement choisir ?

Du droit le plus brutal qui soit, celui du plus fort.

Car qui, alors, ira financer les déficits publics ?…

Telle est  la signification ultime de la funeste décision de la fed : « les déficits publics seront financés quoi qu’il arrive. L’épargne du monde dut-elle y passer ! Et la prospérité aussi ! »

Citation du jour : « Le passé n’éclairant plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres» (Alexis de Tocqueville). 

 

 

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5 réponses pour "L’Amérique ressort la planche à billets !"

  1. bibi dit :

    Article typique d’un communiste qui n’a rien compris à ce qu’est une monnaie et ce qu’est la valeur du travail.
    La fed relance l’éco par le travail et la consommation intérieure PRIVEE donc financée. L’exact contraire de ce que fait un pays communiste comme la France qui relance par la dette PUBLIQUE et la marginalisation des revenus du travail par rapport au revenus de l’assistanat.
    Un seul de ces deux pays survivra, et il n’y a pas a chercher longtemps pour savoir lequel. D’ailleurs les communistes le savent très bien et c’est pour cela qu’ils passent leur temps à se plaindre.

  2. jacques dit :

    « Il n’y a aucune raison sérieuse pour continuer à interdire aux particuliers américains de détenir de l’or.  »

    Et c’est pourquoi il n’y a actuellement AUCUNE interdiction aux particuliers américains de détenir de l’or. Bien au contraire il y existe un marché très actif, probablement bien supérieur à celui en France.

  3. doucet dit :

    M CHEVALLIER n’est pas du tout d’accord avec M DUMAIT : http://www.jpchevallier.com/article-29248929.html

    MORCEAU CHOISI :
    « …. Et une fois de plus, il est important de préciser qu’il n’y a pas de création monétaire aux États-Unis, c’est à dire pas d’argent non gagné : M1 ($1 577 milliards) ne représente que 11 % du PIB contre 44 % dans la zone euro (€4 087 milliards !), ce qui correspond à une création monétaire colossale et catastrophique que personne (en dehors de moi) ne remarque !

    Pire : les journaleux et bonimenteurs prétendent que la Fed fait marcher la planche à billets alors que les dollars en billets ne représentent que $840 milliards soit 6 % du PIB ! « 

  4. alaindumait dit :

    L’expression « planche à billets » ne doit pas être prise au pied de la lettre mais au sens beaucoup plus large de « création de monnaie », et même « encours de crédits »…
    Je vous signale le commentaire de Pierre Leconte : « Quand un pays, dans l’impossibilité de vendre sa dette (ses obligations d’Etat) parce que le taux qu’il offre est jugé dérisoire, que le risque de défaut qu’il représente est jugé élevé ou que ses besoins d’endettement sont tellement grands que le marché ne peut pas les absorber, fait acheter sa dette par sa propre banque centrale avec son propre papier-monnaie (dont la valeur n’est pas gagée par un actif réel comme l’or); l’histoire a constamment démontré que ces obligations d’Etat comme la monnaie en question s’éffondrent au profit de l’actif réel (l’or) dont la valeur augmente au moins dans la même proportion et/ou d’une autre monnaie qui apparait comme meilleure parce que moins manipulée (en l’occurrence l’euro). Les banques centrales des Etats-Unis, de Grande-Bretagne et aussi de Suisse en se lançant dans la « monétarisation » de leurs dettes vont faire écrouler leurs monnaies (dollar US, livre sterling, franc suisse), principalement au profit de l’or et à un moindre degré au profit de l’euro. Tout en provocant une forte inflation pouvant se transformer rapidement en hyper-inflation si la planche à billets s’affole et que la trappe à liquidités se transforme en panique »… ()

  5. doucet dit :

    Oui, je suis bien d’accord avec P LECONTE mais selon M CHEVALLIER, nous ne serions pas dans ce cas ou pas encore dans ce cas (aucun dollar n’ayant été imprimé à cette heure), mais juste dans une tactique de la FED pour peser sur les investisseurs , les orienter sur les actions ou les obligations (et pas sur les Bons du Trésor qui montaient trop vite, asséchant les investissement dans l’économie réelle) et maîtriser le marché et la reprise économique.
    Pour paraphraser les propos de Jean Pierre Chevallier :

    « Dire que l’on va acheter pour 300 milliards de bons du trésor dans les 6 mois a venir ne signifie pas que l’on va le faire ici et maintenant … et cela d’autant moins si cela a suffit a faire passer les bons US 10 ans de 3% A 2.54% … Ce qui est considérable et historique et constitue un signal très fort pour les marchés qui ont compris très bien le sens du message. il suffit de regarder les flux de capitaux qui sont parti dare dare sur de l’obligataire d’entreprise ou des actions… »

     » … La décision de B-2 était indispensable pour faire repartir le marché immobilier dont les prêts hypothécaires sont fortement dépendants des rendements des bons du Trésor à long terme.
    Avec la chute des prix de l’immobilier et des taux d’intérêts très bas, les Américains peuvent devenir plus facilement propriétaires de leur maison et continuer à consommer, le tout faisant repartir les marchés sans plan de relance … »

    Ma remarque n’a pour objectif que de commenter l’alarmiste de votre article, aucunement le fond.
    Cordialement.

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