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Rémission ne veut pas dire guérison !

moton225-237x300Aux Etats-Unis, le président Obama prépare son opinion publique à une crise économique de longue durée. Il va essayer de gérer en douceur la faillite de son industrie automobile, en limitant la casse. Mais, de toute façon, des millions d’emplois sont concernés.

Dans le même temps, les banques poursuivent l’inventaire de leurs actifs toxiques. Elles sont très loin d’avoir terminé ce travail d’audit, sans doute le plus important jamais accompli de tous les temps, puisqu’on parle maintenant de quelque 60 000 milliards d’actifs toxiques, avec un risque de pertes nettes de 10 000 milliards. Le faramineux plan Paulsson d’octobre 2008, avec ses 800 milliards de dollars, apparaît maintenant comme une simple petite rustine… 

Puisque de telles montagnes d’argent ne peuvent pas être empruntées sur le marché des capitaux, il faudra faire marcher la planche à billets de la Fed, ce qui a déjà commencé. On notera que le président de la Federal Reserve, M. Bernanke, se montre de plus en plus souvent aux cotés du président Obama, une façon de dire aux marchés que l’institut d’émission soutiendra les initiatives du gouvernement, quel qu’en soit le prix. En tout cas, le mythe de l’indépendance de la Fed, comme de tous les 186 autres instituts d’émission à travers le monde, a vécu. Reste celui de leur légitimité…

Dans ces conditions, le moindre frémissement de redémarrage de la consommation se traduira forcément par une forte inflation, voire une hyper-inflation, qui achèvera de ruiner ce qui restait d’épargne… Ce sera, au niveau mondial, ce qu’on a déjà vu au niveau de l’ex-URSS, après 1989…

On s’aperçoit que les banques connaissent infiniment mieux leurs bons actifs, que leurs actifs pourris, pour ne rien dire de leurs engagements hors bilan. C’est la raison pour laquelle il fallait sortir les bons actifs de leurs bilans et non pas leurs mauvais. Avec ces bons actifs il fallait recréer de bonnes banques – plus petites et plus nombreuses, pas des monstres – et avec les mauvais actifs laisser les mauvais banquiers à leurs justes responsabilités. Ainsi la confiance pouvait revenir vite.

Comme on a voulu sauver tout le système, tout en faisant quelques exemples (30 banques US ont quand même été déclarées en faillite depuis la chute de Lehman Brothers le 17 septembre 2008), le résultat est qu’il faudra encore des mois, et même des années, pour qu’un inventaire fiable soit publié. Souvenez-vous qu’il a fallu plus de dix ans pour sortir de la structure de defeasance du Crédit Lyonnais. Et le problème des banque américaines doit être de l’ordre de 10 000 fois plus important !… En attendant la confiance ne peut pas revenir.

Et la confiance en quoi, d’ailleurs ? Dans un système identique à l’ancien, avec des banques faisant des crédits à tout va, pour un montant égal à 50 fois leurs fonds propres, avec des banques centrales pratiquant des taux d’intérêt à court terme de braderie, alimentant toutes les bulles ?

Ou dans un système sérieux, sans minipulations des politiciens, avec une monnaie stable, et des investissements financés par une part importante d’épargne ?

Dans une économie du premier type, la prospérité est fonction des doses de morphine (ou de monnaie) injectées dans les circuits, drogue qui se retrouve sous forme de déficits, de dettes, et d’actifs pourris. Le malade connaît de joyeuses rémissions, mais n’est jamais guéri.

Dans une économie du second type, la prospérité est fonction du travail, de l’épargne accumulée. L’Etat assure des fonctions réduites, mais laisse à l’étalon-or le soin d’assurer la nécessaire discipline, au plan interne et mondial. Comme tout le monde, il doit équilibrer ses comptes.

Comme la monnaie est stable, que l’horizon est prévisible, ménages et entreprises font des projets à long terme. On retrouve une conception sérieuse de l’économie. L’optimisme revient vite, car le propre de l’homo economicus est d’anticiper, les bonnes comme les mauvaises nouvelles.

Le seul inconvénient de ce scénario du deuxième type c’est que les hommes politiques n’y jouent qu’un rôle d’hommes vertueux. Un rôle évidemment difficile pour eux …

NB Pour une compréhension claire et complète de la notion d’actifs toxiques, cf. http://www.globalix.fr/content/Cesactifsquel’ondittoxiques

La citation du jour : « La politique de liberté individuelle, seule politique vraiment progressive, reste aussi valable aujourd’hui qu’au XIXème siècle » (Friederich A. Hayek).

 

 

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Une réponse pour "Rémission ne veut pas dire guérison !"

  1. ze ronin dit :

    merci pour cette analyse. la mienne sur obama ne traite pas d’économie mais du culte de personalité….
    http://zelibertyronin.blogspot.com/2009_04_01_archive.html

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