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Le Journal d'Alain Dumait » France, Monde » « Politique économique », « politique sociale » : autant d’illusions…

« Politique économique », « politique sociale » : autant d’illusions…

salon-livrePar les temps qui courent, les humoristes sont plus souvent pertinents que les experts. Il est vrai que les prévisions sont d’autant plus difficiles qu’elles concernent l’avenir…

Vous aurez remarqué que les économistes officiels, suivis par les commentateurs stipendiés, essaient de nous persuader que la crise serait « stabilisée », que le système bancaire serait « en voie d’un retour à la normale ( ?) » et que la reprise serait pour l’an prochain…

Encore faudrait-il qu’il y ait des signes concrets de l’efficacité des mesures décidées depuis septembre dernier. Et qu’on n’aille pas de découverte en découverte, de turpitude en turpitude.

Je vous invite à lire (en français) le résumé du dernier rapport du FMI (http://www.imf.org/external/french/pubs/ft/gfsr/2009/01/pdf/sumf.pdf)

Vous remarquerez tout d’abord son caractère extrêmement confus. On pense à l’aphorisme célèbre d’Alan Greenspan : « si vous m’avez compris, c’est que je me suis mal exprimé… »

Mais il y a au moins un point sur lequel il convient d’accorder une certaine crédibilité au FMI, c’est quand il s’agit de collecter des statistiques. Or, d’après le FMI, réputé prudent, la dépréciation des actifs figurant au bilan des banques s’est encore détérioré au 1er trimestre 2009, pour passer, pour les seules banques américaines, de 2200 milliards à 2700 milliards.

Le FMI en tire la conclusion qu’il faut aller plus loin : s’agissant des banques, dans le sens de la purge, la restructuration et les recapitalisations ; et, s’agissant de la consommation, dans le sens de la dépense publique.

Pourtant, le FMI ne méconnaît pas le risque d’une telle politique, puisqu’il invite les gouvernements à mettre en place dès maintenant des stratégies pour réduire leur endettement, au moment de la sortie de crise…

L’image de l’héroïnomane recevant sa dose avant d’entrer en cure de sevrage s’impose plus que jamais…

Une autre information qui me semble encore plus importante et significative est passée presque inaperçue. Elle a pourtant été diffusée lundi dernier par la chaîne de télévision CNN : près d’un tiers des maisons saisies aux Etats Unis à la suite des procédures dites de « foreclosure »sont invendables en raison des dégradations qu’elles ont subies…

On sait que toute l’affaire des subprime a abouti à vendre des propriétés à des familles insolvables. Les démocrates, grands propagandistes de ce système, pensaient s’attirer ainsi et fidéliser à leur avantage le vote noir américain ( trop souvent abstentionniste, à leur goût…). L’avocat Barack Obama était un activiste de cette politique. Et Nicolas Sarkozy était l’un de ses derniers adeptes convertis, c’est pourquoi le développement du crédit hypothécaire pur figurait en bonne place dans le programme du candidat de l’UMP…

Mais on sait moins que ces crédits, toxiques par nature, étaient d’autant plus faciles à placer (avant d’être titrisés, et refilés, tel un mistigri, à d’autres agents économiques) que la même réglementation qui autorise un préteur à se saisir d’un bien dont le crédit n’est pas remboursé, au moindre défaut de paiement (C’est le « foreclosure ») pose le principe de la non poursuite personnelle du débiteur, en échange de la remise de son bien au créancier. Si bien qu’en même temps qu’un emprunteur défaillant remet les clés de sa maison à sa banque, dans la proportion d’un sur trois, il organise, avec ses potes, le saccage du même bien, ne serait-ce que pour voler les tuyaux de cuivre !

Une preuve de plus, s’il en fallait une, du caractère toujours pervers de toute réglementation dite sociale…

Conclusion : la situation est plus grave qu’on ne le dit et qu’on ne le croit, non seulement parce que les turpitudes liées à la bulle monétaire sont plus graves, plus nombreuses et plus répandues qu’on ne le sait, mais encore parce que leurs conséquences morales sont encore plus importantes !…

La citation du jour : « Vous pouvez beaucoup apprendre sur la société en vous intéressant aux individus, mais vous ne pouvez rien apprendre sur les individus en étudiant la société » (Ayn Rand).

 

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