Articles

Le Journal d'Alain Dumait » France » Port de la burqa : la contradiction des immigrationnistes

Port de la burqa : la contradiction des immigrationnistes

images
Il y a eu l’affaire du voile islamique à l’école (loi du 15 mars 2004 interdisant les signes religieux ostensibles dans les établissements scolaires publics). Voici l’affaire du port de la burqa dans les lieux publics.

J’écris ce texte avant l’intervention annoncée sur ce sujet du président de la République à l’occasion de son message au Congrès.

Franchement, je ne vois pas pour quelle raison une personne n’aurait pas le droit de s’habiller comme elle l’entend.

On prétend – et c’est  sans doute vrai dans un grand nombre de cas – que ce vêtement est porté sous la contrainte du mari ou de la famille. Mais même si cela était prouvé, ira-t-on demander à d’autres personnes, portant d’autres vêtements singuliers, s’ils le font de leur plein gré ? Évidemment non !…

Je vois bien que l’extension en France du port de cette robe-prison, qu’on l’interdise ou non, pose et posera toutes sortes de problèmes pratiques.

Surtout, cela démontre, s’il en était besoin, que le fossé loin de se combler se creuse entre ce qu’on peut appeler une modernité occidentale, et la morale islamiste. Et ce fossé se creuse à l’intérieur même de notre pays, du fait d’une population plus ou moins musulmane de quelque six millions de personnes.

Il y a évidemment une relation très forte entre d’une part la représentation des personnes, la relation du vêtement et du corps, et, pour les femmes, leur place dans la société, leur liberté, et d’autre part la culture et même la civilisation à laquelle les uns et les autres appartiennent.

9782283023716Selon le journaliste Denis Bachelot – qui vient de faire paraître chez Buchet-Chastel un essai très documenté intitulé « L’islam, le sexe et nous » (200 pages, 17 €) – le conflit entre l’Occident et l’Islam, n’est pas tant religieux que « sexuel », dans la mesure où il porte sur la représentation de la femme dans tous les aspects de la vie sociale et culturelle et même du point de vue individuel de sa personne. L’occident accepte parfaitement toutes sortes de religions et de sectes. Mais il ne supporte pas la burqa. L’islam supporte lui aussi toutes sortes de mécréants. Mais ne tolère pas que leurs femmes viennent les provoquer en portant des vêtements ridiculement mini…

À cet égard, la généralisation du port de la burqa, non seulement en Afghanistan et en Iran, mais aussi dans les pays du Golfe, au Moyen-Orient, au Maghreb et même en France est symptomatique moins d’un radicalisme religieux que d’un repli identitaire, dont la représentation féminine est la vraie pierre angulaire.

Or, dans le même temps, la représentation de la femme dans la modernité occidentale est de plus en plus dépravée, provocante et à la limite de la pornographie. C’est d’ailleurs sans doute en réaction à cette exhibition qu’un nombre de plus en plus grand de musulmans, en France et ailleurs, font le choix du rigorisme, au prix de l’enfermement des femmes !

Une soixantaine de parlementaires français de tous bords demandent une Commission d’enquête sur le port de la burqa. Pourquoi pas ? Les témoignages des uns, des unes et des autres peuvent être fort intéressants. Mais pourquoi pas, parallèlement, une autre commission d’enquête sur l’exhibition sexuelle post-moderne ?

En effet, essayons d’être logique.

Le politiquement correct est immigrationniste. Et, j’espère, favorable à la paix civile. Il vaudrait mieux, de son point de vue, j’imagine, qu’il y ait convergence plutôt que divergence entre l’occident et l’islam, sur ce terrain de la modernité. En somme, si l’on veut décourager la burqa, peut être faudrait-il rhabiller quelque peu les mannequins qui posent quasiment nues sur les affiches et les journaux pour promouvoir voitures et crèmes glacées…

Le problème est que ce sont à peu près les mêmes qui défendent cette pseudo modernité, dont la femme libérée est le symbole, qui de ce fait favorise le désir de burqa, et qui veulent l’interdire !…

« La difficulté avec la tolérance, vient de ce qu’elle parait tout à la fois nécessaire et impossible… » (Bernard Williams)

Partagez cet article sur vos réseaux sociaux

Classé dans : France

7 réponses pour "Port de la burqa : la contradiction des immigrationnistes"

  1. doris dit :

    Monsieur, il est vrai qu’il y aurait un grand effort à faire de notre côté pour éviter à nos enfants des images choquants! Il y aura bien un jour un retour à la « prudérie » car la pornographie a ses limites! J’espère tout de même que nos petites filles ne porteront pas la burqa!

  2. Machménec dit :

    De nombreuses femmes vivent sous des contraintes d’origines souvent religieuses. Bien évidemment pas toutes! Je pense qu’il est indispensable de contraindre les religions et les garder sous contrôle permanent car aucune discussion n’est possible avec des gens qui érigent leurs croyances en vérités premières, ne pouvant accepter d’autres avis que celles émanant de leurs propres croyances
    L’histoire montre clairement les ravages causés par les religions ainsi que les clanismes et lobbys visant aux suprématies des unes ou des autres. ça finit souvent mal!

  3. danvas46 dit :

    En général il y a débat lorsqu’il s’agit de traiter un problème. Et si l’islam avec ses différents aspects est actuellement au centre des débats c’est que les problèmes induits par celui-ci sont énormes, sinon on n’en parlerait pas.
    Je pense que tout ce qui touche aux fondements d’une religion ou bien à ses préceptes n’est pas un sujet d’ordre public. Le véritable problème est la présence massive de musulmans dans des pays à tradition chrétienne . Aussi longtemps que la proportion de musulmans était faible on ne voyait pas les problèmes mais depuis qu’ils sont très nombreux on les sent plus et on a de plus en plus de mal à les supporter. Et la perspective de les voir majoritaires dans nos pays nous donne des boutons. Les problèmes induits par les musulmans n’auront disparu que lorsque ceux-ci auront pris le pouvoir et ce qui semble anormal aujourd’hui sera devenu la norme donc plus de problème. Ou bien par leur départ vers les pays d’origine, hypothèse politiquement incorrecte mais envisageable.
    Nos politiques sont conscients du problème mais ils n’ont aucune envie d’agir de peur d’être considérés comme des gens d’extrême droite donc des parias. Quant à l’avenir de leur pays ils n’en ont cure.
    Le peuple est anesthésié – allez savoir pourquoi – et il préfère souffrir au lieu de se révolter.
    Toutes ces élucubrations sur l’islam, l’islamisme, l’islam de France, la religion d’amour et de paix, le port du voile ou de la burqa, etc. sont une manière de ne pas aborder le problème de fond qui est celui de décider enfin à qui appartient la France !

  4. danvas46 dit :

    Nous n’avons pas à légiférer sur la burqa ou sur d’autres accessoires réligieux en provenance d’un autre âge et portés dans certains pays du monde. Le problème est lié à l’afflux massifs de populations que nos politiques ont désignées pour venir en appoint ou bien pour remplacer la population de certains pays comme la France, le Royaume Uni et l’Allemagne, nous le savons tous, et aussi longtemps qu’une solution globale pour les faire repartir vers leurs pays respectifs n’aura été trouvée et appliquée nous allons perdre notre temps à sortir des lois ridicules et inapplicables.

  5. Pourquoi dit :

    De bonnes choses dans votre texte mais en y regardant de plus près je ne suis pas d’accord. Vous commettez me semble-t-il plusieurs erreurs :
    1-Vous ne pouvez pas justifier les excès des uns par les excès des autres, selon cette méthode il devient possible de justifier tous les crimes.
    2-Si, comme vous le dites, chacun doit pouvoir se vêtir comme il l’entend en toutes circonstances alors vous devez accepter aussi bien les femmes dénudées que les femmes voilées.
    3-Ne pas prendre position au sujet du voile et burqa est évidemment plus confortable, mais que vous le vouliez ou non vous pensez et réagissez en fonction d’un échelle de valeurs qui vous permet de dire, par exemple, qu’il n’est pas convenable de voir trop de femmes dénudées, mais cette même échelle vous met certainement mal à l’aise quand vous croisez une femme en burqa.
    4-Enfin la burqa ne peut pas être considéré comme un simple vêtement puisqu’elle a pour but avoué d’interdire tout contact et civilité avec l’extérieur. C’est une sorte de prison.
    Alors que faire ?

  6. pi31416 dit :

    Ce débat sur la burqa est un faux débat.

    Il ne s’agit pas d’une question religieuse. Il s’agit d’une invasion.

    Porter la burqa en public c’est marquer son territoire, comme le chien marque le sien en levant la patte sur le platane de la place du village.

    Il n’y a guère qu’en Afghanistan qu’on porte la burqah. Le musulman de base et au-dessus s’en moque bien.

    Pour lui, c’est une façon de dire « ici c’est une terre d’islam » comme pour le chien « ici c’est le territoire de Médor ». Comme la burqa est choquante et éminemment visible, c’est une façon, non pas de dire, mais de gueuler haut et fort « ICI C’EST UNE TERRE D’ISLAM !!!« 

  7. Dès lors que le mâle islamique doit porter un masque de fer et une ceinture de chasteté dûment cadenassée par son épouse ou sa vieille maman, il n’ y a aucun inconvénient à porter la burqa.
    En ce début de siècle dépravé, un retour à cette quincaillerie médiévale est tout à fait honorable, mais tous les clients doivent être logés à la même enseigne.

Laissez une réponse