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Interview pour le mensuel "Le Cri du Contribuable"

emprunt-deficitIl est souvent question de « bons » déficits publics et de « mauvais » déficits publics. Pensez-vous qu’un déficit public puisse être bon pour la croissance ?

1- En général

Le déficit permanent des finances publiques, pratiqué par l’Etat français depuis 35 ans, ne figure pas parmi les facteurs reconnus et répertoriés comme tels de la croissance économique. C’est même un facteur de stagnation. Tout simplement parce que  le gonflement de la sphère publique, que le déficit permet, réduit d’autant la sphère de l’économie privée, qui concentre – personne ne le conteste – l’essentiel du progrès technique, et garantit une concurrence, qui est le meilleur aiguillon de la productivité.

Sans déficit public, on peut en effet penser que les dépenses inscrites au budget de l’Etat seraient moindres. Car augmenter  les impôts et taxes à due concurrence de ce déficit serait autrement plus douloureux, que de les faire payer plus tard, à nos enfants, par l’endettement !

L’idée d’un « bon déficit » relève du mythe. Comme si, dans une économie libre, où l’épargne n’est pas découragée, il pouvait exister des gisements d’investissements très rentables – suffisamment au moins pour rembourser les sommes empruntées – qui puissent échapper aux investisseurs privés et aux entrepreneurs !

La vérité historique est que, au nom d’un bon déficit imaginaire, on accumule les mauvais déficits bien réels ! Les 1 500 milliards de dettes de la France n’ont rien financé d’autre que des déficits de fonctionnements.

Un autre point est rarement souligné : le déficit est à la fois un prélèvement sur les revenus à venir des générations suivantes, mais aussi, dans l’immédiat, un prélèvement sur l’épargne disponible. L’argent qui finance le déficit n’est évidemment pas disponible pour autre chose. Il fait aussi monter les taux d’intérêt. De ce fait, et pour toutes ces raisons, le déficit est un puissant réducteur de croissance.

2- Dans la situation actuelle de la France

Le déficit du budget de l’Etat, mauvais pour la croissance en général, sans pouvoir être « bon » par exception dans la situation présente, pourrait être en effet supportable, voire inévitable, si, un peu comme une drogue ou un verre d’alcool administré à un blessé avant une opération, le malade en question n’était pas déjà complètement dépendant à cet euphorisant !

Qu’on ne puisse pas faire autrement, présentement, pour des raisons politiques, touchant à l’ordre public, et donc à la sécurité des citoyens, est une autre affaire, tout à fait hors du champ de l’économiste…

« La finance est l’art de faire passer l’argent de mains en mains jusqu’à ce qu’il ait disparu » (Robert W. Sarnoff).

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Une réponse pour "Interview pour le mensuel "Le Cri du Contribuable""

  1. Alain dit :

    bonjour
    je vous ai écouté hier soir sur Radio Courtoisie
    c’était excellent .
    visiblement il y a une prise de conscience des citoyens
    (à gauche comme à droite) , il faudra donc sortir de cette
    situation en adoptant des solutions de bon sens ( libérales !)
    – réduire le poids de l’état ( secteur public )
    – réduire les prélévements obligatoires
    ( actuellement celà devient insupportable )
    – l’alliance entre Angela MERKEL et les liberaux en Allemagne
    me plait , j’attends qu’en France celà devienne possible.
    (adoption d’une représentation proportionnelle à l’assemblée).

    merci à toute l’équipe de contribuables associés pour tout
    le travail effectué et les relations avec les parlementaires .
    bien cordialement
    Alain

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