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Le Journal d'Alain Dumait » A la une, France » Une mauvaise rhétorique fiscale !

Une mauvaise rhétorique fiscale !

  1. Il était plus qu’urgent de rétablir rapidement l’équilibre des comptes publics dès le lendemain de l’élection présidentielle de 2007. Et c’était le bon moment, dans la foulée de cette victoire, conformément à l’attente des électeurs de la majorité. On a préféré tergiverser. On a dit, comme on le disait depuis plus de 30 ans : «attendons la reprise de la croissance»…
  2. Cent fois le Président a dit : «je n’augmenterai pas les impôts». Il fallait donc réduire les dépenses. En laissant augmenter la dette, on augmentait les impôts de demain. Nous y sommes…
  3. Notre système fiscal (impôts + taxes + cotisations sociales) est chaque année plus complexe. Le code des impôts compte 1500 pages !… Chaque impôt comporte des exceptions, des exemptions, des plafond et des seuils. Quelqu’un inventa un jour le terme de «niche fiscale». Chacune de ces «niches» correspond en fait à une volonté politique de l’Etat. Comme une «niche» est sensée favoriser telle ou telle forme de consommation, d’investissement, de comportement ou de contrat, il est tout à fait surprenant que les «bénéficiaires» de ces «niches» soient ensuite stigmatisés, alors qu’il se sont comportée en citoyens obéissants…
  4. Ces «niches» sont sans doute des diminutions de recettes, mais certainement pas des  dépenses budgétaires au sens strict du terme. «Raboter» les niches fiscales c’est donc augmenter les impôts…
  5. De ce fait, l’engagement présidentiel, ré-interprété par le secrétaire général de l’UMP, devient : «nous augmenterons les impôts de quelques-uns, pas ceux de tous». Grosse finesse…

Ce ne sont pas les niches fiscales qu’il fallait raboter, ce sont les dépenses budgétaires ! Ce ne sont pas les fausses dépenses qu’il fallait réduire, mais les vraies !

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2 réponses pour "Une mauvaise rhétorique fiscale !"

  1. Jean-Pierre Lucas dit :

    Tout à fait d’accord, mais je trouve scandaleux de parler de niches fiscales quand vous employez du personnel « de maison ». Une entreprise déduit bien les salaires et charges de ses résultats pourquoi n’en serait-il pas de même pour les particuliers. Les charges et salaires payés devraient tout simplement être déduits intégralement du revenu imposable contrairement au système actuel qui est une règle batârde qualifiée de niche. Cette simple déduction éviterait la double imposition (illicite) des revenus du salarié et des revenus de l’employeur (les montants en cause étant taxés deux fois à l’IR, et c’est cela que finalement les politiques souhaitent !). Pour terminer sur l’emploi à domicile, il répond à un réel besoin notamment pour les jeunes couples ayant des enfants dont les parents travaillent, et plus tard lorsque, l’on est agé, pour disposer d’une aide à domicile souvent indispensable. Il s’agit là d’un rôle social important qui décharge d’autant l’Etat, mais ce dernier semble préférer que vous dépendiez totalment de lui (totalitarisme !).
    Cordialement

  2. Eric Martinaud dit :

    D’un autre côté, on peut tout de même considérer qu’un niche fiscale est une dépense de l’état pour favoriser tel ou tel marché (typiquement les métiers de service afin de créer de l’emploi là où il n’y en aurait – peut être – pas sans incitation).
    Mais l’on est toujours dans la logique du « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? ». Simplifier ce fatras en éliminant ISF, bouclier fiscal et niches fiscales, limiter le nombre de tranches et surtout stabiliser notre fiscalité, c’est permettre à tout le monde de choisir où il veut mettre son argent en fonction de ses besoins et pas de ceux imaginés par des technocrates vivant dans un monde virtuel, même si le hasard les fait toucher juste de temps en temps.
    S’il y a un besoin, l’État n’a pas besoin de s’en mêler, s’il n’y en a pas, l’État ne doit pas en créer un artificiellement. Un investissement qui n’est rentable que grâce à une réduction d’impôt, c’est aberrant.
    Et l’on pourrait enfin avoir un Etat qui s’occupe de ce pourquoi on le paye : la défense, la police, la justice, les infrastructures. Nous ne sommes pas prêts d’y arriver.

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