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Le Journal d'Alain Dumait » budget de l'Etat, France » Le meilleur moyen de lutter contre la fraude sociale est encore de réduire l’Etat-providence !

Le meilleur moyen de lutter contre la fraude sociale est encore de réduire l’Etat-providence !

Il y a toujours eu des voleurs, des fraudeurs et des resquilleurs, et il y en aura sans doute toujours.

Mais, s’agissant des systèmes sociaux, il semble que l’importance de ces phénomènes (fraude, resquille…) soit très variable d’un pays à l’autre.

Comme on ne saurait soutenir que le facteur géographique y soit pour quelque chose, ou même que certains groupes humains seraient davantage enclins que d’autres à s’y adonner, il faut considérer que la différence principale réside sans doute dans les systèmes eux-mêmes…

Considérons par exemple l’assurance-chômage. Les fraudes qu’on a à déplorer sont nombreuses et variées : fausses identités, faux certificats, fausses déclarations …  D’autre part, les administrations ou les organismes gestionnaires de ces « droits » sont elles-mêmes victimes de la complexité des réglementations. Je connais le cas précis d’une personne qui, en désaccord avec le calcul de l’indemnité à laquelle elle considérait avoir droit, se vit proposer trois montants successifs forts différents…

On admettra que la générosité d’un tel système, tout comme sa complexité, favorise la fraude.

Or il y a toujours une alternative à toute politique relevant de l’extension de l’Etat-providence, c’est le recours à la responsabilité des individus. En l’occurrence, pour l’indemnisation du chômage, l’alternative est sa non-indemnisation ou sa moindre indemnisation, ou son indemnisation dans des cadres soit libres soit contraints, soit au niveau des entreprises ou des professions, soit des collectivités locales.

Car, pourquoi ne pas faire confiance aux individus pour êtres individuellement prévoyants ? Un peu plus fourmi que cigale ?

Avec des conséquences macro-économiques, qui, comme toujours, plaident pour la vertu. Les trois économistes lauréats du prix Nobel d’économie 2010 n’ont-ils pas étés couronnés pour des travaux tendant à montrer que « Plus les allocations chômage sont généreuses, plus le taux de chômage est élevé et plus la durée de recherche est longue » ?

On peut fort bien généraliser : « plus les systèmes sociaux sont généreux, plus ils incitent à consacrer son énergie à en profiter, ce qui peut aller jusqu’à la fraude »…

La lutte contre cette fraude exige des moyens de surveillance et de coercition. C’est ainsi qu’une société libre se transforme en une société d’assistés et de surveillés.

Sans doute, si ce paternalisme constructiviste, qui nie la capacité des êtres humains à vivre pleinement une vie libre est responsable, obtenait des résultats probants, serait-il plus défendable. La lutte contre la fraude deviendrait un mal nécessaire.

Mais comme c’est l’inverse. Comme les politiques interventionnistes n’obtiennent jamais les résultats annoncés et promis, il ne convient pas d’accepter la lutte contre la fraude au nom du bon fonctionnement du système. Il convient au contraire de s’opposer à la lutte contre la fraude, au nom de la supériorité des systèmes basés sur la responsabilité et la liberté, plutôt que sur la contrainte.

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