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Le Journal d'Alain Dumait » En librairie/au cinéma, France » Quand Philippe Simonnot cherche un président libéral.

Quand Philippe Simonnot cherche un président libéral.

Comme la couverture du livre le confirme, Philippe Simonnot fait de la politique-fiction : on y voit en effet le visage réjoui de Dominique Strauss-Kahn (DSK), devant un drapeau tricolore déployé, avec cette légende : «14 juillet 2012, Dominique Strauss-Kahn, président de la République, annonce…»

Le scénario imaginé par l’auteur est le suivant : DSK, tout puissant directeur général du Fonds Monétaire international, annonce sa candidature à la présidence de la République française le 1er mars 2011. Tous les socialistes s’y rallient, à l’exception de Ségolène Royal qui se maintient, et de Martine Aubry qui fait de la résistance. Son maintien faisait craindre en effet à ses amis un affrontement du type 2002 entre le président sortant et Marine Le Pen. François Bayrou prend le train en marche et Daniel Cohn-Bendit donne son accord à un «gouvernement d’union nationale». Dans ces conditions DSK au 2ème tour l’emporte sur Nicolas Sarkozy. Face à la crise financière, qui loin de se résoudre n’a cessé de prendre de l’ampleur, et pour restaurer la confiance, le nouveau président annonce le rétablissement de l’étalon-or, avec une parité fixe de 2500 euros pour une once d’or de 28,349 grammes.

Ce canevas en vaut bien d’autres. Mais ce qui fait l’intérêt et l’originalité de cet ouvrage est ailleurs. Car Philippe Simonnot fait partie des rares économistes qui ont une explication de la crise et qui proposent des solutions.

Au coeur du problème il y a les banques centrales et les autres banques , de dépôt ou d’investissement, qui, ensemble, constituent l’ossature du système financier  actuel. Les premières créent de la monnaie en achetant des créances aux secondes, tandis que celles-ci créent à leur tour de la monnaie en distribuant davantage de crédits que leurs fonds propres ou même que leurs dépôts. Du coup, la distribution des crédits par les banques, est presque toujours excessive. Si l’on y ajoute la pression des gouvernements pour faire financer par les banques des investissements douteux – comme les logements sociaux pour les minorités ethniques aux Etats-Unis – en on arrive à la situation actuelle où, pour sauver les banques, on émet de la fausse monnaie, avec les risques qui en découlent.

L’or est la seule monnaie universelle historiquement légitime et incontestée. Or on a besoin d’une monnaie internationale. Le bon sens devrait dicter la solution : à défaut de prendre l’or pour monnaie, directement, il suffirait de rattacher les monnaies existantes à l’or.

Philippe Simonnot imagine le déroulement suivant :

  • abolition du cours légal de l’euro et donc possibilité de passer des contrats dans la monnaie de son choix ;
  • suppressions des taxes spécifiques sur les transactions sur l’or
  • liberté de conclure des contrats en euro-or
  • liberté de monnayer l’or, c’est à dire de fabriquer ou de faire fabriquer des pièces avec du métal jaune.

Le livre de Philippe Simonnot a la forme d’un dialogue entre «un journaliste ami» (de l’auteur) appelé «Candide», et un informateur particulièrement bien renseigné, dénommé «Deep pocket». Celui-ci a exposé son plan – qui est aussi, on le comprend, celui de Simonnot – dans une note transmise à Nicolas Sarkozy via Claude Guéant et Henri Guaino. Le même homme est en contact avec DSK. Faute d’avoir appliqué la note de Deep-pocket/Simonnot, Sarkozy ne met pas en oeuvre la bonne politique économique. Tandis que DSK, meilleur économiste, s’y résoudra.

On aurait aimé que cette note, au coeur de l’intrigue romanesque, qui doit certainement exister, soit publiée en annexe de ce livre. A moins que la fiction devenant réalité, Philippe Simonnot pense vraiment que DSK, ou un autre, puisse se convertir à ces belles et justes convictions qui s’appellent le libéralisme.

Philippe Simonnot

Le jour où la France sortira de l’euro

Michalon

17€

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