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Irlande. Pourquoi il fallait sauver l’IS à 12,5%.

Pour l’instant, les autorités irlandaises tiennent bon sur leur singularité fiscale, et leur impôt sur les sociétés (IS) qui est chez eux de 12,5%, alors qu’il est en moyenne de près de 35% dans le reste de la zone euro.

Les bons esprits de la classe parlante, soi-disant économistes ou non, parlent de « dumping fiscal ».

De concurrence, sûrement. Mais de dumping, terme qui renvoie à une certaine déloyauté, certainement pas !

Car si l’impôt a pour objet de faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat, pour financer les dépenses de celui-ci, force est de constater qu’un IS à 12,5% rapporte davantage qu’un IS à 35 %. ! En effet, les recettes de l’IS représentent 3,9% du PIB en Irlande et 3% seulement en France (où le taux est trois fois plus élevé) ! C’est l’application in vivo de la loi de Laffer, selon laquelle l’impôt tue l’impôt…

Que les autres pays en fassent donc autant !

On objectera que si tous les pays européens étaient à 12,5% pour l’IS, l’Irlande perdrait son avantage comparatif.

Tout d’abord on se réjouirait de constater que, pour une fois, l’harmonisation irait dans ce sens-là plutôt que dans celui de l’alourdissement des impôts.

Ensuite les Irlandais (ou tout autre candidat à la prospérité) n’aurait plus qu’à baisser encore l’IS, jusqu’à zéro, pour faire de ce pays, pour les entreprises, de vrais paradis fiscaux. L’Etat récupérant alors, sur tous les autres impôts et taxes, ce qu’il aurait « perdu » avec un IS à zéro.

Cette proposition peut paraître utopique ou injuste.

Utopique ? Non, puisque les pays à fiscalité-zéro sur les bénéfices des sociétés existent bel et bien, sans pour autant figurer sur la liste noire de l’OCDE. Exemple : L’Ile Maurice, que les sociétés françaises de vente par correspondance, ou de centre d’appel connaissent bien…

Injuste ? Non, car les personnes morales que sont les entreprises ne sont que des constructions juridiques, certes fort utiles (sans elles, pas de capitalisme), mais qui ne sont rien d’autres que des paravents des personnes physiques qui en sont les propriétaires ultimes.

Les impôts apparemment payés par les entreprises le sont en vérité par les individus – actionnaires, salariés ou consommateurs – sous forme de moindres dividendes, moindres salaires et prix plus élevés. Mais ce sont des impôts que les individus ne voient pas.

C’est si  vrai que, de tout temps, les régimes dictatoriaux, fascistes ou communistes, ont prétendu ne pas taxer, ou fort peu, les revenus des individus. Préférant prélever l’argent nécessaire au financement de leurs délires par  le biais des systèmes de prix administrés, des systèmes de change contrôlés, en accaparant l’épargne par  des manipulations monétaires et financières. L’URSS se vantait de ne pas avoir d’IRPP…

A-t-on remarqué que les démocraties du nord de l’Europe (Suède, Danemark) sont aussi les pays où la fiscalité sur les revenus directs, qui fait mal, est aussi proportionnellement plus lourde que la fiscalité sur les entreprises, qui ne se voit pas ?

L’Irlande n’est certainement pas un exemple à suivre en tout point. Le financement par ses banques d’une bulle immobilière insensée est inexcusable. Le sauvetage de ces banques est une insulte au peuple. Les autorités de la zone euro, tous pays confondus, sont les complices de ce mauvais coup.

Fallait-il sauver  l’Irlande ?Je crois qu’il s’agissait plutôt de sauver (provisoirement) l’euro…

Fallait-il sauver l’IS irlandais à 12,5%. Certainement ! C’est fait. Et c’est la seule bonne nouvelle de cette crise.

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