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Obama : du Capitole à la roche tarpéienne

En novembre 2008, un certain Barack Obama, candidat du parti démocrate, remporte haut la main l’élection présidentielle aux Etats-Unis. Deux ans plus tard, aux élections générales de mi-mandat, il essuie la défaite la plus sévère enregistrée depuis longtemps par un président après deux années seulement d’exercice du pouvoir.

Impossible de comprendre ce retournement de l’opinion sans chercher à mieux connaître la personnalité de cet homme.

C’est l’objet de ce nouvel opus de Guy Millière, 60 ans, américanophile déclaré, soutien impénitent de George Bush et observateur très attentif de la vie politique et intellectuelle outre-Atlantique. A noter : son livre, paru en septembre 2010, a été fini d’écrire en mai 2010, donc bien avant la défaite cuisante de novembre dernier…

Millière commence donc par la naissance du futur président Obama, en 1961. Sa mère, Ann Dunham, politiquement très «à gauche», rencontre son futur mari à un cours de russe, organisé par les services de l’URSS à Hawaii. Comme on a jamais eu accès à un certificat de naissance authentique, on ne sait pas si le jeune Barack  est né à Hawaii (état américain) ou au Kenya, où son père, militant communiste, de religion musulmane, était déjà marié et père de deux enfants. En tout cas, en 1963, le père quitte Hawaii pour poursuivre ses études à Harvard, avant de revenir au Kenya, officiellement comme économiste, conseiller du gouvernement de Jomo Keniata. On conçoit que la polémique sur les origines du président Obama ne soit pas prête de finir…

Il n’arrive aux Etats-Unis (celui des 48 états continentaux) qu’à l’âge de 18 ans, après une adolescence dont il dit lui même qu’elle a été difficile.

Il devient «travailleur social», comme sa mère. Et tout en travaillant – successivement à Los Angeles, New York, puis Chicago – il suit des études universitaires,  financées non pas par des bourses, publiques ou privées, mais par des organisations extrémistes, du genre «Black Panthers». Avant d’être un avocat puis un politicien démocrate, c’est un activiste, un «community organizer».

Le fil conducteur de l’ouvrage de Guy Millière est que Barack Obama non seulement n’a jamais rompu avec ses attaches gauchistes, mais encore, de la maison blanche, continue à tisser une toile « anti-américaine». Aussi bien en politique étrangère qu’au plan intérieur, autant sur le terrain de l’économie que sur celui des valeurs traditionnelles de l’Amérique.

Mais, avec la montée du «Tea Party», que Guy Millière avait bien vu venir, Obama et son système est sur la défensive. Même le parti démocrate est tenté de le lâcher.

Après cette lecture décapante, on peut certes continuer à préférer le charme du président Obama aux imprécations de notre néo-conservateur français. Mais son avertissement doit être lu et écouté. Notre avenir à court terme en dépend peut être.

Alain Dumait


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