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Le Journal d'Alain Dumait » En librairie/au cinéma, France » Rocard : un «hamster érudit» toujours prêt à «servir».

Rocard : un «hamster érudit» toujours prêt à «servir».

En novembre dernier, à 80 ans, Michel Rocard publiait chez Flammarion, ce qu’il ne voulait pas appeler ses «mémoires», mais, joliment, une chronique «de ses faits et méfaits», groupe de mots figurant en couverture sous le titre «Si ça vous amuse».

Première déception : ces éléments d’humour sont strictement les seuls qu’on trouvera dans cet ouvrage de 376 pages… Encore faut-il noter que l’idée du titre revient à Gonzague Saint-Bris…

Ce ne sont donc pas des «mémoires» parce que l’auteur commence par nous expliquer qu’il n’a pas assez de temps pour se consacrer à un tel exercice. Du coup, l’essentiel de l’ouvrage est constitué de reprises de notes ou d’articles déja parus… Une sorte d’escroquerie éditoriale…

A 19 ans, il est déjà l’un des responsables des jeunes socialistes parisiens. Jean-Marie Le Pen, de deux ans et demi son aîné, est déjà président de la Corpo de droit. Il est déja social-démocrate, dit-il. Il fait alliance avec les catholiques de la JEC.

A partie de 1954, la guerre d’Algérie fait s’affronter les caciques de la SFIO et une  jeune garde dont fait partie Michel Rocard.

En 1956 le Garde des Sceaux, un certain François Mitterrand, refuse d’instruire les demandes de grâces présidentielles déposées par les terroristes du FLN condamnés par les tribunaux militaires. Michel Rocard le traite d’«assassin», ce que le premier n’oubliera jamais…

Il entre à l’ENA, d’où il sortira inspecteur des finances. Il risque la révocation pour un rapport «fuité» dans la presse. Il sera sauvé par le ministre de la justice du général de Gaule, Edmond Michelet.

C’est ensuite l’aventure du PSU, mai 68, l’élection présidentielle (3,61% des suffrages exprimés), puis la partielle des Yvelines où il l’emporte sur Maurice Couve de Murville.

Il se rapproche du nouveau PS et, en 1974, soutient François Mitterrand. En 1981, ce dernier, selon l’auteur, «ne peut pas faire autrement que de le nommer ministre, d’abord du plan, puis de l’agriculture.

Le technocrate est à son aise. Mais il faudra attendre 1988, quand il devient Premier ministre, pour qu’il donne sa pleine mesure, «inventant» notamment la CSG et le RMI. Les 35 heures, c’est pas lui ! Mais il serait plutôt partisan des 32 heures… Et il préconisait une taxe carbone égale au double de celle que le Conseil constitutionnel a bloqué… La gauche « moderne » n’est pas libérale.

Sans doute joua-t-il un rôle utile en contribuant au sauvetage d’Air France et de Renault.

Il ressort de ce livre le portrait d’un politicien inusable, toujours partisan du cumul des mandats et de leur renouvellement ad libidum. Il est maintenant, depuis mars 2009, «ambassadeur de France» («chargé des négociations internationales relatives aux poles Artique et Antartique»), après avoir successivement liquidé ses droits à pension de haut fonctionnaire, de député, de sénateur, de maire, de conseiller régional et de député européen. Ce qui fait sans doute de lui le pensionné le mieux payé de France. En tout cas dans la sphère publique.

Michel Rocard

«Si ça vous amuse». Chronique que mes faits et méfaits

Flammarion, 578 pages, 21€

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2 réponses pour "Rocard : un «hamster érudit» toujours prêt à «servir»."

  1. petitjean dit :

    pourquoi faire de la pub à ce minable socialiste ?

    laissons le à sa sénilité !

    une question, une seule: qu’a-t-il apporté à la France et aux français ?

  2. Jean-Marie dit :

    Ne serais-ce pas « prêt à ce qu’on le serve » plutôt que « prêt à servir » ?

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