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Hommage à Christian Michel (1944-2011)

Avec beaucoup de tristesse, nous avons appris, par sa famille, ce vendredi 25 février 2011, le décès de Christian Michel. Il avait 66 ans. Une maladie douloureuse, détectée en avril dernier, l’a emporté.

J’ai fait la connaissance de Christian au lycée Carnot, à Paris, en 1959. Nous avions 15 ans l’un et l’autre et nous étions en classe de seconde classique. Nous venions tous les matins de la banlieue, par la gare du Pont-Cardinet, lui de Marly-le-Roi et moi d’Asnières-sur-Seine.

Depuis lors nous ne nous sommes jamais longtemps perdus de vue.

Et c’est ainsi qu’en 1963 nous nous sommes retrouvés rue Saint-Guillaume, à L’Institut d’Etudes Politiques de Paris. C’est lui qui me fit connaître certains cercles politiques, à partir du Club des Jacobins, animé par un ancien député radical nommé Charles Hernu, qui se réunissait au Cercle Républicain, avenue de l’Opéra. C’est avec lui, qu’un soir, avec une vingtaine d’étudiants, nous eûmes un débat étonnant avec un certain  François Mitterrand, qui n’était pas encore candidat à l’élection présidentielle. A la Convention des Institutions Républicaines j’aurais d’ailleurs pu rencontrer avec lui Bernard Zimmern, qui adhérait à l’époque au Club «Technique et Démocratie»…

Après quelques années passées dans une filiale de Publicis, Christian se mit à son compte. Et, quand je devins moi-même entrepreneur indépendant, en 1978, je fus un temps son sous-locataire, rue La Boétie, avant de m’installer rue des Jeuneurs.

En 1989 il fit naturellement partie du petit groupe qui, autour de François Laarman (cf. notre édito du 25 novembre 2009), furent les pionniers de Contribuables Associés. Et il accepta d’être l’un des premiers sociétaires de notre Assemblée Générale.

Pour nous, Christian fut un conseil toujours très avisé. Car il avait une connaissance de la vie politique  exceptionnelle. En 1967-68 il avait été à Grenoble l’attaché parlementaire de Pierre-Mendès France. Très proche ensuite de Raymond Barre il avait beaucoup contribué entre 1982 et 1986 à rassembler les clubs de la nouvelle droite.

L’expérience aidant, nous avions été amenés à constater que nous n’avions pas exactement les mêmes idées politiques. Il ne se tenait pas pour un homme de droite. Mais nous nous retrouvions pour considérer que c’était au peuple souverain de décider, et pas à une oligarchie, fut-elle constituée en caste technocratique. Nous avions l’un et l’autre en horreur la mauvaise utilisation de l’argent public. Au cours de ces dix dernières années sa position de consultant en ingénièrie salariale et financière nous fut précieuse.

Christian était un passionné d’histoire. Il laisse d’ailleurs plusieurs manuscrits de romans dont l’action se situe au XVIIème siècle.

Le 17 décembre dernier il m’écrivait : «Je travaille à un essai politique dont je ne sais pas s’il sera bon, mais il sera au moins différent…». J’espère qu’il aura eu le temps d’avancer dans ce travail. Car je serais personnellement honoré de pouvoir contribuer à faire publier un tel document, hélas à titre posthume.

Christian aimait la vie. Il n’avait pas peur de la mort. Il était fier de la réussite de ses trois enfants. Je crois qu’il a été heureux d’apporter sa contribution au succès et au développement des «Contribuables Associés»

La bénédiction et l’inhumation ont eu lieu le mercredi 2 mars à 16H00 au nouveau cimetière de Neuilly, rue Vimy à Nanterre.
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2 réponses pour "Hommage à Christian Michel (1944-2011)"

  1. fabry claude dit :

    christian faisait partie de ces etres rares qui traversent notre existence et que l’on cherche à retenir.Doté d’un esprit brillant, caustique,volontier drole,il aimait à rire et à bien boire,ce qui nous le fait regretter encore plus.Toujours modeste sur son parcours personnel que je découvre aujourd’hui,il était capable de passions,en particulier litteraires.Nous avions formé un petit cercle d’amateurs de litterature et il avait toujours defendu avec ardeurBanville,Gobineau,Lafontaine.Les hommes politiques étaient pour lui des cibles de choix .Il se délectait à l’évocation de leur mesquinerie et de leur duplicité,cette duplicité qui avait été un des themes retenus pour nos petites lectures.Gourmand de la vie et des contacts humains,il a traversé le ciel de notre Dordogne,comme une comete.J’ose croire qu’il reviendra sous une forme ou une autre apres un long periple entre les etoiles.En attendant,il reste planté dans nos coeurs,malgré le chagrin de son départ ,comme un éclat de rire, de celui qu’allume le vin de Bergerac sur bonne table.
    ClaudeFABRY

  2. MANDORLA Jacques dit :

    Adieu l’ami !
    J’ai connu Christian au début des années 1970 à Publicis, l’agence de publicité dans laquelle nous essayions de refaire le monde.
    Quand nous avons, l’un et l’autre, quitté l’immeuble de Marcel Bleustein-Blanchet aux Champs Élysées, nous avons continué à nous voir.
    Nous avions pris l’habitude de déjeuner régulièrement, en tête à tête. J’attendais toujours ces rencontres avec impatience, car j’appréciais chez Christian son érudition exceptionnelle (mais jamais prétentieuse), son humour très british, sa maîtrise de la langue française.
    Quand il est parti refaire sa vie dans le Sud-Ouest, nos rencontres se sont nettement espacées et m’ont fortement manqué, car Christian passait alors peu souvent à Paris.
    L’un de mes plus grands regrets sera de ne pas avoir réussi à placer, auprès d’un éditeur, l’un ou l’autre des manuscrits qu’il m’avait confiés, que ce soit ses romans historiques comme « Blanche ou l’ambition travestie » ou ses pièces de théâtre comme « Les adieux de Versailles ». Pourtant, ils auraient sincèrement mérité d’être publiés : pour leur justesse historique, pour la beauté de leur écriture (qui « sonne » juste dans l’époque où se situe l’action), pour la richesse des dialogues, pour la force des personnages…
    Ciao Christian : ce fut un privilège de t’avoir rencontré.
    Jacques MANDORLA – Mars 2011

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