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Hervé Morin : «la France est l’héritière de son immigration» !

Hervé Morin, 49 ans, ministre de la Défense du 18 mai 2007 au 13 novembre 2011, dans son essai-témoignage qu’il vient de publier chez Flammarion*, se présente lui-même comme «un affreux cumulard»(page 109). Il est en effet aujourd’hui député de la la 3ème circonscription de l’Eure (où il a succédé à Ladislas Poniatovski, qui, en 1998, est  allé s’installer au Sénat), mais aussi maire d’Épaignes (1158 habitants), président de la Communauté de communes du Canton de Cormeilles, et conseiller général de l’Eure. Ce qui ne l’empêche pas d’écrire : «je pense qu’il est urgent de mettre fin au cumul des mandats»…

De telles contradictions se retrouvent tout au long de l’ouvrage. L’auteur se déclare résolument pour la réduction des dépenses publiques et l’équilibre budgétaire, mais considère qu’il faut augmenter les moyens mis à la disposition de l’Education nationale, de la Défense, de la police, de la justice, du logement social…, comme il est partisan d’augmenter la TVA…

Néanmoins, quelques bonnes idées sont égrainées au  fil des pages : sur l’autonomie des établissements scolaires (dès le lycée) ou encore l’obligation qui devrait être faite aux enseignants d’être présents dans les établissements pour y préparer leurs cours et corriger les devoirs.

On remarquera que M. Morin – élu d’une commune qui a voté contre le traité ce constitution européenne à 65 % !… – est très critique sur l’euro.

On lui pardonnera d’avoir, sur la monnaie, des opinions singulières («une monnaie doit apporter de la «réactivité» (sic) dans la conduite de la politique économique», page 205…).

On aura compris que cet homme n’est pas un technocrate. C’est un politicien de terrain, avec des racines normandes, qui a fait toute sa carrière dans les assemblées et les cabinets ministériels («profession : administrateur de l’Assemblée Nationale», lit-on sur sa fiche sur le site de l’Assemblée)

Il en ressort un homme simple et sympathique. Quand il raconte, par exemple, que le général Cuche lui expliqua, deux mois après sa nomination comme ministre des armées, qu’il fallait serrer les talons quand on se mettait au garde-à-vous (page 14)…

Hervé Morin est aussi président du Nouveau Centre. Quelques révélations sur la rupture avec François Bayrou émaillent d’ailleurs cet essai. (et aussi quelques vacheries, notamment sur son ex-copain et successeur boulevard Saint-Germain Gérard Longuet).

Il est maintenant l’allié de Jean-Louis Borloo au sein de «l’Alliance républicaine écologiste et sociale». Pour autant, il dit n’avoir pas renoncé à être candidat à l’élection présidentielle en 2012.

En 1984 le centriste Bernard Stasi, décédé le 4 mai dernier, publiait un petit essai qui fit un certain bruit intitulé «l’immigration, une chance pour la France». Hervé Morin, à cet égard, s’inscrit résolument dans cette lignée. Il écrit en effet (page 162) : «j’aimerai qu’on parle à présent de la France «héritière» de l’immigration».

Que n’a-t-il repris cette phrase en guise de titre de son bouquin ! La polémique, et donc le succès de librairie et médiatique, eussent été assurés!

*Hervé Morin. Arrêtez de mépriser les Français. Pour une société de la reconnaissance. Flammarion, 240 pages, 19€

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