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Le Journal d'Alain Dumait » A la une, France, Monde » Les marchés partent à l’assaut des déficits publics.

Les marchés partent à l’assaut des déficits publics.

Plus personne ne croit que les dettes accumulées par les Etats seront un jour remboursées. En tout cas intégralement. Aux échéances contractuelles. Et sans dévalorisations, qu’elles soient négociées ou résultant d’un processus inflationniste. Qui dégénérerait certainement en hyper-inflation.

Or tous les mécanistes de «solidarité» et de mutualisation n’y feront rien, à partir du moment où ils sont eux-mêmes financés avec de l’argent que les décisionnaires ne peuvent qu’emprunter, ajoutant de la dette à la dette… (notre dernière chronique)

Telle est la toile de fonds du dévissage général des places financières mondiales de cette semaine du début du mois d’aout (avec des pertes moyennes comprises entre 15 et 20%…)

Ceux qui, en France, pensaient encore pouvoir reculer l’échéance du grand retournement, espéraient avoir un an devant eux (échéance présidentielle française), quelques mois (départ de Jean-Claude Trichet de la BCE le 1er novembre 2011), quelques semaines (pour mettre le budget pour 2012 sur les rails), savent désormais que le sursis va se compter en jours !…

Mais un constat, même lucide, ne peut suffire.

Il faut immédiatement rechercher les causes.

Allons droit à la conclusion. Politiciens et oligarques (parmi lesquels les économistes stipendiés) nous ont menti, dans le but d’élargir toujours plus leur main-mise sur nos personnes et sur nos biens.

Les déficits publics, et la dette qui en découle, étaient «dégueulasses» (éditorial du 18 mai 2011)

La laxisme monétaire s’analyse comme une taxation supplémentaire du travail et de l’épargne.

L’administration des taux d’intérêt déboussole l’économie.

Les investissements, même publics, doivent se financer avec de l’épargne, et non pas des emprunts…

Tout est faux dans la politique économique et financière menée depuis de longues années. Le fait qu’elle ait été menée sous leadership américain n’enlève rien à la chose.

  • Que faire ?
  • Déposer le bilan de cette gouvernance économique, en espérant qu’il est encore temps de maîtriser ce virage à 180°, car sinon ce sera la liquidation, avec effondrement général…

Pourquoi les marchés n’ont-ils pas cru plus de quelques heures au 2ème plan de sauvetage du 21 juillet sur la Grèce, pas plus qu’au compromis américain sur le relèvement du plafond de la dette le 1er aout ? Parce que, n’étant pas accompagnés d’une échéancier précis de réduction de l’Etat-providence, ils n’étaient pas crédibles.

Un vieux dicton boursier dit que dans certaines circonstances, «il faut savoir se couper un bras». Ni la Grèce, ni les autres pays aujourd’hui «attaqués» de la zone Euro, ni les Etats-Unis ne sont prêts, dans l’immédiat, à «se couper un bras».

«Couper un bras» de l’Etat-providence serait, par exemple, en France, privatiser – c’est à dire rendre à l’initiative privée – l’ensemble de l’Education nationale. Soit 90 milliards d’euros par an et près d’un million de fonctionnaires…

Sur quelques années (3 ou 5) c’est évidemment possible. Pas plus difficile à mener que de privatiser les banques en 1986. ou la Régie Renault en 1990…

On dira que c’est «politiquement» impossible…C’est pourtant quand nécessité fait loi qu’il faut savoir renouveler son discours et entraîner l’opinion vers la lumière plutôt que vers le chaos du statu quo.

D’autres réformes de structures sont sans doute possibles. Mais aucune n’est aussi évidente, si l’on veut bien faire abstraction du lobby qui veut continuer à co-diriger ce service public, au nom de l’endoctrinement idéologique de nos enfants.

L’important, si l’on veut que les marchés (c’est à dire les épargnants, car ce sont toujours des personnes physiques qui prêtent sur les marchés, au delà des banques et des fonds…) croient à un vrai changement de cap des politiques publiques, consiste donc tout d’abord à reconnaître le caractère erroné (et spoliateur) de ces politiques menées jusqu’à présent. et ensuite à prendre des décisions démontrant concrètement une volonté politique de réduire le champs de l’Etat-providence aux moyens limités des contribuables.

Il n’est plus temps de raboter les dépenses publiques. Il faut désormais tailler à la hache. C’est l’amputation ou la mort !…

Et puisque la situation dans laquelle nous nous trouvons résulte aussi de la gestion de la monnaie, de l’euro, et de toutes sortes d’idées économiques fumeuses, il faut revenir aux principes qui résultent d’une expérience millénaire :

  • Laisser faire les entreprises privées pour créer richesses et emplois.
  • Laisser faire le marché établir le prix des biens exprimés dans une monnaie en dehors de toute influence oligarchique, par le retour à la référence métallique.
  • Laisser faire le plus rapidement possible se créer des concurrents à l’euro. Et au dollar. Avec des banques libres. Et une monnaie naturelle indiscutable.
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Une réponse pour "Les marchés partent à l’assaut des déficits publics."

  1. MARTOIA dit :

    Cher Alain

    le moment de vérité est imminent. Les politiques de relance keynésienne ont échoué comme nous l’avions prédit. L’histoire est en train de nous raison contre tout l’establishment français.

    Le mariage de dupes entre cigales et fourmis est un cuisant échec et l’euro va imploser.

    Les élites européennes sont responsables de ce désastre mais nos médias gauchistes leur trouveront encore des excuses comme c’est la faute des hedge funds jouant à la baisse l’euro ou les agences de notation américaines

    La Chine assure les deux derniers mois des Etats providence et ela ne peut durer….

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