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En direct : l’effondrement des Etats-providence…

Les historiens, dans quelques années, compareront la chute du communisme (9 novembre 1989 pour le Mur de Berlin) et l’effondrement  des Etats-providence oligarchiques.

Ils feront remarquer, dans les deux cas, qu’il s’agisait d’apprentis sorciers, qui se croyaient si intelligents qu’ils pensaient pouvoir oublier les règles élémentaires du bon sens et des principes issus de l’expérience et de l’histoire de l’humanité. Des constructions artificielles. Des vues de l’esprit projetées dans un monde auquel on croyait pouvoir commander. Du pur constructivisme…

S’agissant du communisme, de type soviétique, son échec a démontré l’inanité d’un système prétendant réguler les prix, remplacer la concurrence par la planification, imposer la propriété collective. Avec la dictature et les hyper-inégalités en prime…

S’agissant des Etats-providence, leur échec résulte, si l’on peut dire, de leurs succès initiaux. Tout s’est passé comme si, jusqu’à un certain niveau de redistribution du produit intérieur brut (20 ou 30% peut-être…), les avantages sociaux de celle-ci étaient, au moins dans l’instant, supérieur à ses inconvénients. Ce qui n’a pas empêché quelques économistes lucides et clairvoyants – comme Frédéric Bastiat, dans la première partie du XIXème siècle, alors que les prélèvements obligatoires étaient encore largement inférieurs à 10% du PIB !… – de prévoir que la mutualisation des risques sociaux aboutirait inéluctablement à l’irresponsabilité des citoyens, avec les conséquences qui résultent toujours de cette dernière.

L’évolution a somme toute était rapide : moins de 10% en moyenne de prélévements publics au tournant du XIX ème siècle, et 54% en France aujourd’hui. On est passé de l’assistance aux pauvres non seulement à la spoliation des riches, mais encore à l’accaparement de tous les pouvoirs (le monde de l’entreprise libre mis à part) par une classe oligarchique presque exclusivement issue de la sphère publique.

Comme cette évolution à été quasiment générale dans le monde occidental, un équilibre funeste mais durable était probablement possible. Avec 50% de prélèvements obligatoires, la croissance économique est réduite, les emplois créés souvent insuffisants. Mais «ça» peut tenir des décennies, voire des siècles.

Pour que les Etats-providence s’écroulent, moins de 25 ans après le communisme, il a fallu que les oligarques qui nous gouvernent s’emparent de deux autres leviers : l’endettement et la création monétaire (avec l’appui déterminent de leur armée «privée» d’économistes stipendiés)

L’endettement public – qui aujourd’hui, en tenant compte des dettes sociales au titre des retraites non-financées, représentent en moyenne trois à quatre années de production nationale… – s’analyse comme un multiplicateur de prélèvements publics. Qui permet de taxer par avance enfants et petits enfants.

L’affaire de la création monétaire public, à partir du XIXème siècle, pour aboutir à compter de 1971 à des monnaies totalement déconnectées de toute référence métallique, c’est à dire réelle, est plus complexe. Simplifions en disant qu’avec une création de signes monétaires deux à tois fois supérieure en moyenne chaque année à l’augmentation de la production et des revenus, on provoque de l’inflation, on génère des bulles, mais surtout, on permet aux Etats de financer leurs dettes (vrai juqu’à ce jour) et on favorise la partie de l’oligarchie la plus proche des guichets de distribution de monnaie des banques centrales, en particuliers les cadres dirigeants des banques.

C’est cet ensemble, reposant sur trois piliers, qui s’écroule sous nos yeux (peut-être même ce week end…)

Keynes pire que Marx

On observera que le système soviétique, évidemment globalement plus brutal, au regard des piliers 2 et 3 du système d’Etat-providence (dette publique et création monétaire) demeurait très «classique» : pas de dette publique et référence du rouble fort à l’or. Comme Marx l’aurait préconisé. Tandis que les social-démocraties eurent le malheur d’engendrer un certain Keynes…

Et on remarquera que ce sont les mêmes bénéficiaires de la bulle financière, qui hier permettait le financement sans limite de la dette publique, qui aujourd’hui vont mettre les Etats-providence au tapis…

Les Etats-providence ont eux-mêmes creusé leurs tombes. Mais c’est nous, citoyens contribuables, qui allons payer la cérémonie…

On se réjouirait beaucoup d’avoir le privilège d’assister en direct à un  tel événement historique. Parmi les faits uniques de l’histoire de l’humanité. Sauf que ce sont bien sûr nous, les citoyens-contribuables, qui vont payer la noté très salée. Tant il est vrai qu’il n’est de richesses réelles et légitimes que privées. Que l’argent public se prend toujours dans les poches des individus.

Comme ce sont toujours les mêmes qui trinquent, il serait temps de leur demander un peu plus souvent leur avis.

Par exemple demander aux Français s’ils sont d’accord pour alourdir de 15 milliards d’euros leur dette nationale afin de financer celle de la Grèce… Demander aux Américains s’ils sont OK pour relever le plafond de la dette publique, avec augmentation concomitante des impôts pour crédibiliser une baisse de l’accélération… Demander aux citoyens de tous les pays s’ils sont prêts à se serrer un peu plus la ceinture pour «sauver» «leurs banques»…

La démocratie directe est une partie de la solution de la crise financière.

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4 réponses pour "En direct : l’effondrement des Etats-providence…"

  1. pago4 dit :

    « La démocratie directe est une partie de la solution de la crise financière ».
    Votre combat pour ce type d’expression est louable, mais il semble vain. Parce que c’est bien la dernière chose que mettrons en oeuvre les hommes de l’état, tant il est certain qu’ils seront systématiquement et très largement désavoués par le bon peuple quand à leurs décisions absurdes.
    La monétisation de la dette à grande échelle va commencer la semaine prochaine. La bce soi disant indépendante du pouvoir politique a reçu l’ordre d’acheter des actifs dépréciés italiens et espagnols. Le fond de solidarité va prendre le relais avec une augmentation considérable de sa capacité à intervenir sur les marchés financiers.
    Ainsi, les hommes du gouvernement utilisent l’arme de destruction massive pour tenter de sauver le modèle social démocrate, celle qui va aussi sûrement que 2 et 2 font 4, nous précipiter vers l’abîme.

  2. Migue Edu dit :

    « La démocratie directe est une partie de la solution de la crise financière ».
    Croyez moi, ce n’est pas la solution. Un politicien peut utiliser les « bénéfices » qui donne l’État Providence pour gagner, avec ses promesses de campagne, le vote d’une majorité qu’imposera ses désirs au détriment de la minorité. Regardez le Venezuela ou l’Equateur, leurs présidents avec l’excuse et justification de démocratie appellent à chaque fois aux référendums pour avoir l’acceptation du peuple, sauf que celui-ci vote en fonction des promesses et compromis sociaux, comme les célèbres « bonds de développement humain » financez grâce au prix du pétrole et aux impôts. C’est grâce à ce système qu’ils ont pu changer les constitutions et les lois pour agrandir l’état providence et pire encore, écraser les libertés d’expression et d’opinion des citoyens. Donc non, à mon avis ce n’est pas la solution. Si on veut chercher de vraies solutions, on devrait donc attaquer les causes aux problèmes qui endommagent de façon directe les poches des individus, Plutôt l’élimination des banques centrales, le retour à l’étalon or, etc.

  3. Raphael dit :

    « La démocratie directe est une partie de la solution de la crise financière »
    Si les citoyens etaient intelligents, certes. Hors la majorite est tout simplement nourrit a la tele realite et meme les specialistes ont du mal a prevoir et comprendre les tenants et aboutissants necessaires a l’equilibre economique.
    Comment demander a de jeune diplomer de lycee qui ont eu un enseignement plus que deplorable et evoluant dans une societe deconnectee de toute realite de se prononcer sur la gestion de leur pays?
    Cela est tout simplement ridicule.
    Une elite responsable ayant les moyens d’actions sans avoir a se confronter a des manifestations en tous genres motivees par une recherche de l’interet personnel et l’abus de notre societe, cela oui, je veux bien croire que c’est la solution.
    L’evolution de la societe a vu differents groupes d’interets prendre le pouvoir, apres les chefs de tribus, les seigneurs et rois, les marchands, nous sommes aujourd’hui au tour des idiots. On peut pas faire pire alors il y a peut etre de l’avenir!!!
    Une place pour chacun et chacun a sa place, la politique n’a rien a faire dans les discutions de comptoire et les magazines people.

  4. daredevil2007 dit :

    « Une elite responsable ayant les moyens d’actions sans avoir à se confronter à des manifestations en tous genres motivées par une recherche de l’intérêt personnel et l’abus de notre société »
    Vive les contes fées! Comment pouvez-vous croire un seul instant à l’existence d’un telle élite – je l’appellerais plutôt oligarchie avec une connotation péjorative! – alors que les exemples d’échec de tels systèmes pleuvent depuis des lustres ? Le dernier en date étant un certain populiste vénézuélien…
    Les référendums posent certes des problèmes mais les systèmes reposant sur l’homme providentiel, sorte de nouveau « messie » pragmatique, relèvent tout simplement du mythe!
    Et quid de la responsabilité individuelle ou de la liberté de choix?

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