Articles

Le Journal d'Alain Dumait » A la une, France, Monde » En route vers la récession.

En route vers la récession.

Les marchés financiers ont réagi comme il se devait aux conclusions du sommet franco-allemand de mardi dernier 16 août : en ajoutant une nouvelle baisse de 10%, à la baisse de 20% des quinze jours précédents sur les bourses d’actions, tandis que l’or grimpait encore de 15% en trois jours !

La chancelière Angela Merkel avait pourtant déclaré vouloir «assurer la confiance des marchés par des actes»…

Force est donc de constater qu’à la fois les gouvernements de tous les pays surendettés ont besoin chaque jour des marchés, pour se refinancer, et qu’en même temps ils restent sourds à leurs exigences, faisant semblant de ne pas entendre leur message.

On est en présence d’un dramatique déni de réalité.

Bien incapables de présenter des plans crédibles de remboursement de leurs montagnes de dettes, les dirigeants des Etats concernés font diversion avec des propositions aussi ineptes les unes que les autres :

  • la taxation des transactions financières en Europe continentale serait pain béni pour les places de Londres, New-York, Singapour et Shanghai et se traduirait immédiatement par le déclin de toutes celles qui seraient seules concernées par cette pillule anti-concurrence…
  • l’harmonisation (apparente) de l’impôt sur les sociétés françaises et allemandes est dérisoire au regard d’un impossible gouvernement économique européen, d’ailleurs absolument pas souhaitable…
  • Quant à l’adoption d’une «règle d’or» budgétaire par tous les pays de la zone euro, elle ressemble de plus en plus à un serment d’ivrogne !…

Pourquoi tourner autour du pot ?

N’en déplaise aux faux économistes stipendiés, le soutien de l’activité économique par les déficits – qui, en s’accumulant deviennent des dettes – est et à toujours été une hérésie, un mensonge !

Ils agissent comme des poisons. L’issue ne peut être que fatale.

En attendant, nous entrons en récession.

C’est à ce moment précis qu’acculés les politiciens ressortent leurs propositions obsessionnelles. d’augmentation des impôts. en commençant bien sur par les «riches». Ce qui est le meilleur moyen d’accélérer la récession…

La situation est-elle encore maîtrisable ? Il est à craindre que non…

Tous les plans de soutien financés avec de l’argent emprunté ont été des catastrophes. Comme prévu…

Quand on pouvait encore redresser les comptes publics, on a fait le choix de les laisser filer. Pour «ne pas casser la reprise». On a vu le résultat, également prévu et annoncé…

Il fallait «sauver les banques», qui, en contrepartie bourraient leur bilan de bons et d’obligations d’Etats, pendant qu’elles coupaient les robinets des crédits aux entreprises. Résultat, parfaitement prévisible (mais qui avait échappé aux «stress-tests»…) : la valeur boursière de tous ces fleurons tendent aujourd’hui vers zéro…

Nous vivons, en direct, l’effondrement de l’Etat-providence. Avec tous les dangers qui peuvent résulter des situations de chaos…

Partagez cet article sur vos réseaux sociaux

Classé dans : A la une, France, Monde · Tags:

Une réponse pour "En route vers la récession."

  1. MARTOIA dit :

    On prend le chemin du Japon qui ne s’est jamais remis de l’éclatement de sa bulle immobilière en 1990. On refait les mêmes erreurs que lui : énième relance keynésienne et énième soutien aux banques boiteuses jugées « too big to fail ».

    Aucun politicien n’est candidat au suicide en laissant jouer l’aléa moral (faillite des banques) et en abaissant drastiquement les dépenses publiques (20%) qui sont la seule façon de renouer avec la croissance et de rembourser à terme nos dettes.

    Sarkozy n’a pas réussi à convaincre Merkel du bien fondé d’une mutualisation des dettes souveraines par l’émission d’euro obligations qui était pourtant l’objet de son rendez-vous raté.

    En revanche, les deux rivalisent dans les mesures socialistes pour tuer le patient : création d’une nouvelle taxation des super riches (il n’y qu’à prendre l’argent où il en reste pour régler tous nos problèmes) , taxe Tobin sur les transactions financières pour réduire la spéculation des marchés (c’est du pain béni pour la City de Londres et les autres places financières en dehors de la zone euro) et cerise sur le gâteau avec la « règle d’or » (retour à l’équilibre budgétaire) alors que Sarkozy vantait hier les mérites des déficits budgétaires pour relancer la croissance. (son plan de 100 milliards d’euros de dépenses a été rabaissé à 30 milliards pour la recherche après que des agences de notations laissèrent entendre que la France pourrait perdre son triple AAA). L’incohérence du président n’est jamais assez soulignée par l’opposition ou les journalistes.

    Le traité de Maastricht instaurant la monnnaie unique était laxiste dans ses objectifs : pas plus de 3% de déficit budgétaire par an et pas plus de 60% pour le ratio dette/PNB. Il fallait avoir la lucidité et le courage d’imposer aucun déficit budgétaire aux Etats-membres sous peine de sanctions financières comme la suppression des fonds régionaux qui vient d’être suggérée bien tardivement par Sarkozy.

    En mai 1940 quand les blindés de Guderian firent leur percée historique dans les Ardennes et que le gros de l’armée française fut prise à revers, des politiciens français et britanniques pronèrent une union sacrée des deux pays. On en est là aujourd’hui avec la proclamation de la « règle d’or » alors que la zone euro est en péril (selon un sondage paru dans le Wall Street Journal, 40% des économistes américains envisagent sereinement la fin de l’euro)

Laissez une réponse