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Le Journal d'Alain Dumait » En librairie/au cinéma » «Ayn Rand, ou la passion de l’égoïsme rationnel»*.

«Ayn Rand, ou la passion de l’égoïsme rationnel»*.

Ceux qui connaissent déjà l’oeuvre d’Ayn Rand se régaleront des détails et des anecdotes qui ponctuent cette première biographie en Français d’un des auteurs les plus lus et les plus vendus aux Etats-Unis (25 millions d’exemplaires, au total, tous titres confondus).

Son auteur, Alain Laurent est sans conteste le meilleur connaisseur, en France, de l’histoire des idées libérales. Et un théoricien reconnu de l’individualisme.

Il lui revenait donc d’écrire ce livre, au moment même où, pour la première fois, parait en français, une traduction in extenso de l’oeuvre majeure d’Ayn Rand, «la grève», «Atlas Shrugged» (1957).

Pour ceux qui ignoreraient encore cette auteure, disons d’abord que sa vie est déjà en soi un roman étonnant : née à Saint Petersbourg en 1905, elle s’évade d’URSS, arrive aux Etats-Unis en 1926, devient scénariste à Hollywood, écrit des pièces de théâtre, puis un premier roman à succès, «la source vive».

A partir de là, devenue le chantre d’un capitalisme conquérant, elle fonde un mouvement philosophique, «l’objectivisme», qui enthousiasme les campus et suscite un courant durable exaltant l’individu créateur, basé sur le principe de la souveraineté de chacun. Les libertariens l’a vénèrent. Le Tea Party actuel la reconnaît comme leur inspiratrice. Des personnalités comme Alan Greenspan furent ses Disciples.

Son influence demeure si vive aujourd’hui, près de 30 ans après sa disparition, en tout cas outre-Atlantique, que ses livres continuent à se vendre par centaines de milliers.

Mieux que personne, elle a dénoncé l’Etat-providence, issu d’un altruisme dévoyé, et annoncé ce que seraient ses dérives contemporaines. Et les raisons morales de son inévitable écroulement, auquel nous assistons, aujourd’hui, en direct, pour des raisons autant logiques que morales.

Le livre d’Alain Laurent est passionnant d’un bout à l‘autre, tout en sachant être lucide sur les excès de l’intransigeance de son héros, qu’il admire, mais qu’il n’épargne pas non plus.

Du beau travail !

Les Belles Lettres, 240 pages, 25€.

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4 réponses pour "«Ayn Rand, ou la passion de l’égoïsme rationnel»*."

  1. MARTOIA dit :

    Un livre consacré à Ann Raynd et une traduction de son chef d’oeuvre « Atlas Shrugged » tombent à pic alors que nous assistons à l’effondrement des banques françaises en prélude à la disparition prochaine de notre Etat Providence. Ronald Reagan disait : l’Etat est le problème et non pas la solution. C’est ce que n’ont pas encore compris les veaux français.

    Un commentaire à chaud concernant un article loufoque du Figaro qui affirme que les Français préfèrent les hausses d’impôt aux réductions de dépenses de l’Etat. Barry Goldwater, le candidat conservateur de l’élection présidentielle américaine de 1964 disait ceci : « si un Etat peut tout vous donner, il peut aussi tout vous prendre ». C’est ce que les classes moyennes vont apprendre à leurs dépens quand tous les riches se seront enfuis de notre enfer fiscal.

    Autre commentaire concernant la parution dans le Wall Street Journal d’un article de notre économiste libéral Nicolas Lecaussin dans lequel il fustige les énarques responsables de la gestion calamiteuse des banques privées ou publiques qu’ils dirigent ou ont dirigé par le passé (souvenez-vous du Crédit Lyonnais). Il avait consacré un livre à ce sujet : « le dossier noir de l’ENA ». Silence radio dans les médias autour du traitre Lecaussin qui ne rêve que de détruire la technocratie française.

  2. Natrép dit :

    Sans jeter par la fenêtre la part positive de l’influence d’Ayn Rand, il ne faut tout de même pas oublier son acharnement absurde contre toute moralité « arationnelle », notamment dérivée de la religion, et sa prétention illusoire à vouloir fonder la morale sur la pure raison ex-nihilo.
    Et puis elle fut surtout plus une popularisatrice qu’une véritable penseuse originale, quand on prend du recul.

  3. Vincent Jappi dit :

    Ayn Rand appelait sa philosophie “Objectivisme” et n’aurait jamais songé à la réduire à l’”égoïsme rationnel” :
    celui-ci n’est qu’un aspect secondaire de sa pensée, la réfutation nécessaire mais accessoire d’un unique sophisme, si malveillant soit-il.
    La contribution essentielle de Ayn Rand à la philosophie consiste en effet dans une théorie des concepts comme fondés sur l’expérience de la réalité et construits à partir de celle-ci
    http://docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_5f5w8f9

    Celle-ci permet d’ancrer fermement la preuve philosophique dans la réalité objective, ce que les autres philosophes réalistes semblent faire moins complètement, surtout quand leur point de départ est la philosophie plutôt que la science expérimentale.
    http://www.claude-tresmontant.com/article-claude-tresmontant-nous-parle-du-neo-positivisme-83190409.html

    Elle permet aussi de réfuter une fausse opposition entre la logique et l’expérience, née de l’incapacité jumelle à comprendre l’origine des abstractions aussi bien chez David Hume que chez Emmanuel Kant
    http://docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_432gvrw98fh

    Cette fausse opposition, il suffit aux gens ordinaires de se rappeler que deux et deux font toujours quatre pour comprendre ce qu’en vaut l’aune.
    Cependant les philosophes, chez qui elle est née, la prennent au sérieux tant qu’on ne leur a pas appris que la science des définitions est possible, nécessaire, et conditionne la validité de leurs énoncés.
    http://docs.google.com/Doc?id=dc2m8p62_431r57pzghf

    Dans cette mesure elle est mortelle pour la pensée, parce qu’elle disqualifie les démonstrations logiques
    et jette un soupçon permanent sur les résultats de la science expérimentale, même quand ceux-ci contribuent à réfuter les fausses métaphysiques
    http://www.claude-tresmontant.com/article-etudes-de-metaphysique-biblique-86782271.html

    Elle est aussi mortelle pour la civilisation dans la mesure où elle cautionne les absurdismes jumeaux du subjectivisme et du pseudo-expérimentalisme dans les sciences morales dont le socialisme est né, et se nourrit encore aujourd’hui.
    http://fr.liberpedia.org/Pseudo-exp%C3%A9rimentalisme

    Pour comprendre cela, il faut connaître un minimum de la tradition philosophique réaliste, et ce n’est pas à quoi l’université française invite le plus souvent.
    http://www.claude-tresmontant.com/article-le-dogme-de-la-philosophie-moderne-82330657.html

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