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Le Journal d'Alain Dumait » A la une, France » Ce que doit faire Sarkozy pour que la France conserve son « triple A ».

Ce que doit faire Sarkozy pour que la France conserve son « triple A ».

Le noeud coulant de la dette publique se resserre d’heure en heure autour du coup de la France, et de ses citoyens-contribuables.

En janvier prochain, nous aurons perdu notre notation AAA. Déjà, l’écart de taux entre notre pays et l’Allemagne correspond à une note AA+.

Car  notre situation est objectivement moins bonne que celle de l’Espagne et pas meilleure que celle de l’Italie.

L’Espagne se redresse, après avoir adopté des réformes sévéres (du coté des salaires de ses fonctionnaires, notamment).

L’Italie a certes une dette plus élevée que la notre, relativement à son PIB, mais elle a au moins un budget primaire (avant la charge du remboursement de la dette) en excédent. Et une base industrielle plus puissante.

Il ne sera plus temps de faire la leçon à personne. Seule l’Allemagne sera encore en mesure de se faire entendre.

Que peut faire Sarkozy ?

Bien sur, si nous étions en début de mandat présidentiel, il pourrait engager des réformes vertueuses, qui rapportent dès le premier jour. Comme celle de la simplification des structures administratives et territoriales de la France, mille-feuilles qui nous coûte plusieurs dizaines de milliards d’euros. Faire ce qu’il n’a pas osé, pu ou voulu faire en 2007. Espérons que ces réformes seront portées par son successeur…

Objet : Une Union Sacrée anti-dette pourrait sauver le « triple A » de la France !

Que peut-il faire d’autre ?

Il se trouve que la nécessité de réduire la dette publique est maintenant reconnue par tous. Y compris par ceux qui, comme les socialistes, et François Baroin, continuent à défendre un modèle «basé sur la consommation»…

Que le président de la République ne prend-il pas au mot les principaux dirigeants de la classe politique, PS, Modem et pourquoi pas FN ? Et que ne leur propose-t-il pas un engagement multi-partisan, à long terme (10 ou 15 ans), sur la réduction de la dette ?

Il dirait par exemple : «La France s’engage à ramener le volume de sa dette publique de 1700 à 1000 milliards (seulement !…) d’ici à 15 ans». Et il demanderait à M. Hollande, à M. Bayrou, et à Mme Le Pen de signer.

A charge pour chacun, s’il devient en position de devoir le faire, d’engager les réformes nécessaires pour y parvenir.

Celles-ci peuvent d’ailleurs être diverses, plus ou moins connotées à droite ou à gauche. Certains (dont nous sommes) mettront la priorité suer la réduction de la sphère publique. D’autres (plus sociaux-démocrates) la mettront sur sa bonne gestion. D’autres encore sur la simplification ou sur l’immigration d’assistanat.

Seul le résultat par rapport à cet engagement non-partisan compterait.

Un tel accord serait de nature à ce que les agences de notation reprennent au sérieux le gouvernement de la France.

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2 réponses pour "Ce que doit faire Sarkozy pour que la France conserve son « triple A »."

  1. le calendrier électoral de la France ne coïncide pas avec celui des agences de notation. Pourquoi notre pays ferait aujourd’hui les réformes indispensables qu’il a toujours refusé de faire ? Nous allons perdre le triple AAA, puis le double AA, puis le A tout court. Seul un Tea Party pourrait faire le grand ménage dans l’Etat-Providence dispendieux mais un tel parti n’existe pas chez nous.

    Ayant perdu tout espoir de sursaut de notre pays ravagé par l’égalitarisme et par l’assistanat, je me console en suivant les candidats républicains américains qui se rallient à la flat tax ou plus près de nos côtes en suivant le rebond du tigre celtique qui renoue avec une croissance de 2.4% grâce à son impôt sur les sociétés de 12.5%.

    Le débat électoral français est nul. Seul Manuel Valls a fait quelques propositions intéressantes. Il a été remercié par ses électeurs qui ne veulent pas en entendre parler. Du côté de la majorité, il est regrettable que des élections primaires ne soient pas organisées en 2011 car le président sortant qui veut se représenter va entraîner son camp dans un grand naufrage. Comme je l’ai martelé, il faut que la « fausse droite » meure pour que naisse l’espoir d’une véritable alternance en France.

    La France ne sait pas se réformer, elle ne sait faire que des révolutions en faisant table rase du passé. En revanche, l’Allemagne a su se réformer en 1998 avec l’accord passé par le chancelier Schroeder avec les syndicats d’un gel des salaires pour une durée de dix ans. Il leur avait tenu un langage de vérité : « soit vous acceptez la cure d’austérité, soit nos entreprises se délocalisent à l’Est ». Les syndicats ont parfaitement compris leur intérêt en acceptant le pacte tendu par le chancelier mais qui a été remercié par les électeurs à l’élection suivante. L’ingratitude des électeurs à l’égard des hommes courageux ne se dément pas.

  2. CHER dit :

    effectivement il serait surement judicieux que des primaires soient organisés au sein de la majorité actuelle car le president sortant, candidat potentiel, semble tellement surmené et épuisé qu’il lui serait plus profitable de prendre un peu de recul pour s’occuper de sa nouvelle progeniture et laisse la place à quelqu’un d’aussi compétent mais gonflé à bloc et qui ne connait pas encore l’usure certaine du pouvoir.

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