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Le Journal d'Alain Dumait » A la une, France, Monde » L’histoire dira si l’Europe, le 27 octobre 2011, a gagné du temps. Ou si elle a continué à en perdre…

L’histoire dira si l’Europe, le 27 octobre 2011, a gagné du temps. Ou si elle a continué à en perdre…

Il faudra attendre quelque temps pour savoir et pour comprendre les décisions prises cette nuit à Bruxelles par les leaders européens, et donc leur portée et leurs conséquences.

Il semble que les principaux acteurs de ce marathon ne soient pas eux-mêmes plus au clair, au moins si on en juge par le flou des commentateurs accrédités…

  • combien va-t-on préter à la Grèce, net de ce qui était déja prévu le 21 juillet ? C’est pas dit..
  • comment les banques qui ne pourront pas financer l’augmentation de leur capital par la seule incorporation de réserves vont-elles faire, sachant que leur valeur de marché leur interdit pratiquement de faire appel à lui ? La voie de la nationalisation des banques, dans des pays comme la Grèce, mais aussi l’Espagne et le Portugal, est donc ouverte. Au moment où ces pays sont priés d’aller vers davantage de concurrence et de privatisations…
  • Comment s’effectuera le levier du Fonds de soutien ? On a bien compris qu’un pays comme la France ne pouvait plus se permettre d’emprunter pour re-prêter. Mais comment le FESF pourra-t-il garantir partiellement seulement les nouvelles émissions de dettes des pays en difficultés ?
  • Les banques acceptent «volontairement» (après 10 heures d’âpres discussions) de renoncer à 50% du remboursement de leurs titres en dette grecque. Sans cela, le défaut aurait du être constaté. Mais qu’en sera-t-il si un autre pays, demain, ne peut plus payer lui aussi ?

Nous sommes en présence d’une vaste opération de ravaudage. Qui n’a aucune raison de tenir plus longtemps que les plans précédents, tous eux aussi présentés comme «définitifs»…

Deux types de mesures sont seuls en mesure de permettre un rétablissement durable de la confiance et donc les conditions d’un retour à la croissance économique.

  • la réduction de la dépense publique, qui libère immédiatement des ressources pour les entreprises et les emplois de la sphère privée ;
  • les réformes de structures vertueuses, qui réduisent elles aussi les limites et le coût de la sphère publique (mille-feuilles administratif, statut des fonctionnaires, carte des hôpitaux publics…)

De telles réformes s’imposent. L’appui de l’Allemagne vertueuse sera à ce prix. S’imagine-t-on que celui des Chinois sera moins exigeant ?

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2 réponses pour "L’histoire dira si l’Europe, le 27 octobre 2011, a gagné du temps. Ou si elle a continué à en perdre…"

  1. MARTOIA dit :

    l’euphorie des marchés à l’annonce du plan qui aurait réglé la crise financière européenne va retomber comme un soufflet. La réduction de 50% sur la dette grecque n’est qu’un répit. Il ne règle en rien l’économie de ce pays et des autres cigales européennes confrontées à un coût unitaire de leur main d’oeuvre surévalué entre 30% et 50% par rapport à celui de l’Allemagne qui est la référence en la matière.

    Les réformes qui permettraient une reprise de la croissance sont soigneusement esquivées par les Etat-providence (baisse de 20% des dépenses publiques et des impôts) au profit de nouvelles taxes et de nouveaux rabots sur les niches fiscales. Le bricolage se poursuit en attendant Godot (croissance)

    Comme lors des précédents sommets, le treizième du genre ne fait que reporter le problème. La nouveauté par rapport aux précédents est l’appel lancé à la Chine. La vielle Europe est contrainte à se prostituer mais comme elle n’a plus d’honneur, la douleur est moins vive.

    Bien entendu, le cuistre va passer sur les plateaux de télévision pour claironner qu’il a sauvé l’Europe. Rien de nouveau sous le soleil. Pour ceux qui ont connu la France sous le général de Gaulle, la chute est dure à avaler. Pour ceux qui sont nés après le funeste mai 68, tout va très bien. Alors pourquoi se plaindre ? L’orchestre du Titanic a bien joué jusqu’à la dernière minute, il en ira de même avec la zone euro. Quand elle criera à l’aide dans le noir de la mer, les Chinois, lassés d’entretenir la putain européenne bouffie d’orgueil, détourneront la tête.

  2. Sarkozy a gagné un répit de 6-10 mois. Il espère que cela suffira pour se faire réélire en 2012. Accepter la réalité et prendre les décisions courageuses que M. Dumait suggère l’auraient fait perdre honorablement, ayant mis la France sur la voie du redressement. Au lieu de quoi, il y a de bonnes chances qu’il perde quand même, laissant la France encore plus endettée, plus vieille et sans croissance qu’en 2007.

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