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Le Journal d'Alain Dumait » En librairie/au cinéma » Etat-providence + immigration = gang des barbares

Etat-providence + immigration = gang des barbares

C’est l’histoire du kidnaping, le 21 janvier 2006, de la torture, et de l’assassinat le 13 février de la même année, du jeune Ilan Hamimi, 23 ans.

L’auteur, 64 ans, a étudié le dossier à fond : il a rencontré tous les témoins possibles, des «jeunes», des parents, des flics, des magistrats. Il est allé sur les lieux où les faits se sont déroulés. Il a pris connaissance de toutes les pièces et conclusions présentées au tribunal. Et il semble qu’il ait assisté aux procès, en première instance (avril 2009) puis en appel.
est obligé de penser à Truman Capote et son «de sang froid», paru en 1965 aux Etats-Unis, tiré d’un fait divers datant de 1959, et fruit d’une enquête plus que minutieuse de l’auteur.

Mais, alors que Truman Capote se met dans la peau des deux jeunes truands, assassins sans mobile apparent d’une famille de fermiers de 4 personnes, Morgan Sportès, au delà des personnages tous médiocres de cette affaire – attribuée par les médias ou la police à un «gang des barbares» – nous parle en vérité du cadre de vie de ces personnages.

Car des paumés, des personnes incultes, violentes, désaxées, déclassées, aigries… il y en a toujours eu et il y en aura toujours.

Plus ou moins. Sait-on par exemple que la délinquance urbaine est 20 fois moins importante au Japon qu’en Europe ou aux Etats-Unis ?

Et ce cadre de vie, qui concerne la moitié de la banlieue parisienne et plus de 100 quartiers, au delà, réputés «difficiles, n’est pas le fruit d’une malchance ou d’une fatalité. Mais celui d’une politique, qui a abouti à ce fiasco complet.

L’auteur, dans son poulet figurant en 4ème de couverture écrit, «indigence intellectuelle et morale, au milieu de l’indigence architecturale et culturelle : il n’y a pas de mot pour décrire l’effroyable vide que la société a laissé se creuser en son sein, et qui menace de l’aspirer toute entière.»

On a compris que Morgan Sportès n’est pas là pour expliquer.

Il est facile de le faire à sa place.

Ce sont tous des branquignols. Je ne parle évidemment pas de la famille du jeune martyr.

Leur univers, c’est l’Etat-providence et ses logements sociaux, en formes de tours et de barres. Le logement, pour eux est un droit. Le reste suit…

Tous ne sont pas immigrés. Quelques «Gaulois» se mêlent aux black, arabes, beurs, étrangers, chrétiens ou musulmans qui composent la troupe.  Les couples mixtes ne sont pas rares. Les familles recomposées non plus. Tout ce monde est dominé par des «accourus», qui n’étaient pas vraiment «invités» chez nous.

C’est ce cocktail Etat-providence + immigration qui constitue le terreau largement stérile de ces quartiers. On ne règlera pas les problèmes posés par celle-ci sans remettre en cause les fondements de celui-là.

Morgan Sportès

Tout, tout de suite

Fayard Roman 380 pages 20,90€

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