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Le FN est bien trop «modéré» !

Le mardi 14 février, dans le cadre des petits-déjeuners débats du «Cri du Contribuable» – organe des Contribuables Associés – dont je suis le responsable, je recevais Louis Aliot, vice-président du Front National. Nous l’interrogions notamment sur les propositions pour 2012 de notre association.

Comme nous le trouvions soit réservé soit prudent sur plusieurs points de ce programme («rétablir rapidement l’équilibre du budget de l’Etat» ; «supprimer le financement public des syndicats» ; «modifier le statut de la fonction publique»…), quelle ne fut pas notre surprise collective d’entendre notre invité nous qualifier «d’extrémistes» !

A la lumière de cet échange, et passant en revue les quarante années de la vie du Front National, j’en suis arrivé à la conclusion que la principale critique qu’il y a à lui faire est d’avoir été, sur plusieurs plans, bien trop «modéré» !

Sur les thèmes traditionnellement associés au vote FN (immigration, islamisation, sécurité…), le parti créé par Jean-Marie Le Pen en 1972 a tout simplement été plus clairvoyant qu’aucun autre. De très loin…

En politique étrangère, les positions du FN ont toujours été d’une grande prudence, avertissant l’opinion publique des risques de chacune de nos expéditions intempestives, la dernière en date et la plus malheureuse, en Libye, ayant abouti à livrer ce pays à des milices islamistes dont deux au moins sont proches de l’organisation d’Al Qaïda…

Concernant la politique européenne, considérée sur l’ensemble de la période, il me semble qu’on peut dire que, si leurs propositions avaient été retenues, nous serions sans doute membre d’une Union européenne qui serait fort différente de ce qu’elle est devenue : l’élargissement aurait été limité, les pouvoirs de la Commission réduits, et l’intégration monétaire se serait arrêtée à la monnaie «commune», sans l’euro, monnaie «unique».

S’agissant de ses positions économiques, force est de constater que le FN a plutôt vasouillé. De reagannien dans les années 80, il est devenu aujourd’hui, sur ce plan, clairement interventionniste. Son programme parle de «services publics sanctuarisés», d’un «coup d’arrêt donné aux privatisations», de «tarifs fixés par l’Etat», et, pour la filière de l’eau, de «re-municipalisation»…

Une lecture complète du projet de Marine Le Pen (<http://www.frontnational.com/le-projet-de-marine-le-pen/>) le confirme : avec elle il n’y aura pas de réduction générale de la sphère publique, en particulier pour l’Education Nationale, qui est au coeur de ce bloc, et dont on nous dit que désormais les départs à la retraite «seront intégralement remplacés».

C’est étrange cette façon de dénoncer le système oligarchique français, tout en reproduisant largement ses mythes et ses tabous !… Car quoi de plus faux que l’affirmation selon laquelle un pouvoir fort, même juste, serait plus clairvoyant qu’un marché libre et concurrentiel ?

Pour déterminer un programme économique efficace, point n’est besoin d’avoir recours aux grandes théories, il suffit de voir, sur cette période de 40 ans, ce qui a marché et ce qui n’a pas marché ailleurs.

On peu classer les politiques économiques et monétaires en deux grandes catégories. D’un côté celles qui prétendent favoriser l’activité par la dette (crédit) et le laxisme monétaire (taux d’intérêt bas), de l’autre celles qui s’en tiennent au financement par l’épargne, sans fabrication de fausse monnaie.

Les politiques du premier type, relevant de la pensée magique, séduisent les apprentis sorciers, tandis que les politiques du deuxième type sont soutenues par les partisans du bon sens. L’oligarchie technocratique vote pour Marx ou Keynes. Le peuple préfère Mises et Hayek, quand bien même n’a-t-il jamais été présenté à ces deux illustres économistes !

C’est si vrai qu’en Suisse c’est une initiative populaire qui a obligé l’Etat fédéral, en juillet 2000, à adopter un article constitutionnel connu sous le nom de «frein à l’endettement» (sorte de «règle d’or» budgétaire), tandis que c’est un référendum qui en 2003 a empêché la Suède de passer à l’euro.

Et c’est sans jamais consulter le peuple, ni lui laisser prendre la parole que, dans la plupart des pays développés, ont été mises en place des politiques laxistes, qui ont provoqué les crises et généré la toute-puissance de la finance, corps d’élite de l’oligarchie technocratique.

Selon moi, le Front National n’a rien à faire avec ces coquins qui ont ruiné notre pays. Mais cela veut dire qu’il doit, logiquement, rompre avec la culture étatique ce ceux-ci. Et prôner, au plan économique, des idées de bon sens, à la mode suisse ou à la façon suédoise.

Marine Le pen a pris vigoureusement parti pour la démocratie directe, seule antidote efficace à la pensée unique. C’est pour moi sa proposition la plus intéressante.

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Une réponse pour "Le FN est bien trop «modéré» !"

  1. comme tous les autres partis français, le Front National est un parti d’obédience socialiste. Sa distinction est le socialisme national qui réserve les faveurs de l’Etat providence aux seuls nationaux.

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