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Nouvelle mission pour le Front National

En ce mois de mai 2012, avant comme après le 6 mai, la droite reste largement majoritaire. Le 22 avril, le total UMP + FN + Modem dépassait  celui du PS et de l’extrême gauche de plus de 4 millions de voix ! Pourtant, depuis cinq ans, la droite a perdu toutes les élections. Cherchez l’erreur…

Certes, j’entends bien que, contre toute évidence, certains prétendent encore se situer hors de ce clivage droite/gauche. Je pense aussi bien aux «patriotes identitaires», qu’à mes amis «libéraux», qui n’en démordent pas non plus. Puis-je leur faire remarquer, aux uns comme aux autres, que le soir de toute élection générale, chacun se retrouve bel et bien sur cet axe, et qu’il l’accepte ?…

Mais, pour qu’à l’occasion au moins des moments essentiels, la droite soit toute la droite, comme la gauche est toute la gauche. Il faut revenir sur une erreur commise en 1983 par un certain Jacques Chirac, qui, autant par conviction qu’intimidé par les médias, décida alors de ghettoïser le Front National alors émergent.

L’erreur en question n’est pas seulement «intellectuelle» (comme l’explique mieux que personne M° Gilles William Goldnadel). Elle est surtout politique, c’est à dire tactique et stratégique.

Longtemps, la droite avait enfermé la gauche dans le même chantage. C’était au temps de Staline, où après, quand son cadavre semblait bouger encore. Pierre Mendès-France refusait pour son investiture comme Président du Conseil les voix des communistes. Mais Guy Mollet, tout anti-communiste qu’il était, proclamait le «front républicain» quand besoin était, au deuxième tour des certains élections législatives…

A la SFIO, le rejet de  tout accord de gouvernement avec les «cocos» fut longtemps majoritaire. Même Gaston Defferre, jusqu’en 1965, y était opposé.

François Mitterrand, au Congrès d’Epinay en 1972, imposa ce changement de ligne. Non pas pour des raisons de programme mais par pure tactique. Les adversaires de cette ligne  (les Savary, Depreux, Rocard…) n’étaient certainement pas «moins à gauche», mais moins «réalistes».

Et c’est en devenant le fer de lance de l’union à gauche que le nouveau PS est devenu dominant.

Quand Jacques Chirac, contre l’avis du plus grand nombre de ses proches, choisit la ligne dure que l’on sait à l’égard du FN, il se conduit en en social-démocrate qu’il a été et toujours été.

Aujourd’hui la question n’est plus de savoir s’il faut ou non remettre en cause ce tabou, théorisé par François Mitterrand en 1985, et défendu bec et ongles par les médias unanimes depuis, car, sans cela, la fausse droite ne pourra compter que sur les erreurs de la gauche pour revenir. Ce qui laisse certes beaucoup d’espoirs, mais seulement par défaut…

La stratégie «d’entente à droite» me parait supérieure et en tout cas plus durable.

Mais comment faire ?

Beaucoup, en particulier au FN, sont tentés par une forme politique du pire. Disant qu’il est plus facile de reconstruire sur des tas de ruines…

Comme il s’agit de la France, je tiens cette orientation pour détestable !

Il serait normal que cette révision stratégique vienne de l’UMP. Dans sa structure actuelle, avec, à tous les échelons, des responsables ayant juré refuser tout arrangement avec le FN, cette perspective est peu probable.

C’est donc au FN de réaliser la manoeuvre, avec pour objectif légitime de devenir ainsi le fer de lance de la nouvelle droite.

J’ai pensé qu’un soutien, même discret, au second tour, de Marine Le Pen au candidat Sarkozy aurait permis de s’engager dans cette bonne direction.

Avec 569 992 voix de plus, le président sortant était réélu. Il eu suffit pour cela que Marine ne dise pas le 1er mai qu’elle allait voter blanc…

Dans cette hypothèse le FN aurait évidemment pu, les 10 et 17 juin, se prévaloir de ce coup de mains, en tout cas auprès des électeurs UMP, dans tous les cas de triangulaires, et mieux encore, dans tous les cas de duels PS-FN.

Parfois, en politique, l’équanimité est payante…

C’est déjà du passé. S’agissant de l’avenir, comme il n’y a rien à attendre dans l’immédiat de l’appareil UMP, le FN doit s’adresser aux électeurs de cette formation. Exactement comme le candidat battu s’efforçait de parler aux électeurs du FN.

Pas question de suggérer au FN de revenir sur ce qui – outre le talent de ses leaders – fait le coeur de son fonds de commerce et la force de son message, à savoir sa lucidité de précurseur sur les ravages d’une immigration à la fois non intégrée et non maitrisée. Avec tous les problèmes sociaux qui en découlent.

Pour parler à un plus grand nombre d’électeurs UMP, les 10 et 17 juin prochains, il faut et il suffit qu’il infléchisse son discours économique. au nom du réalisme pragmatique le plus élémentaire. En mettant une sourdine à ses propositions inspirées du Gosplan soviétique…

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Une réponse pour "Nouvelle mission pour le Front National"

  1. dissident dit :

    je ne pense pas que le discours economique inspire comme vous dites du gosplan ait amene beaucoup d electeurs a mme LePen au contraire elle n a pas fait leplein des voix de la droite nationale en Paca et en Alsace a cause de cela e t sans doute aussi a cause de son europhobie, donc je ne verrai que des avantages pour le fn a revenir a des idees anti fiscalistes, anti etatiques, pour un Etat se limitant a ses taches regaliennes ce qui est deja pas mal, inutile de courir apres le vote des fonctionnaires de gauche et d extreme gauche, ils prefereront toujours le vote Hollanchon

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