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Rendre sa carte de l’UMP. Ou bien la prendre…

Dans le courrier des lecteurs des 4-Vérités-Hebdo, de la semaine dernière (page 3), Alain Noireaux suggère à ceux qui sont adhérents de l’UMP et qui sont en désaccord avec les dirigeants de ce parti sur le sujet de «l’entente à droite», de renvoyer leurs cartes. «Pour leur faire comprendre que les électeurs le désapprouvent… Cela fera, peut-être, réfléchir ces gens bornés, qui ne voient que la pérennité de leurs nombreux avantages et privilèges !»

Il se trouve que le même jour je recevais un message de mon ami Ph. H. allant dans un sens diamétralement différent.

Lui part du fait que l’UMP est engagé dans un processus inexorable de démocratisation interne. Le prochain président du mouvement sera désigné par les militants à jour de leur cotisation. Et ce sera encore ainsi pour la désignation des candidats aux différentes élections intermédiaires. Jusqu’à la désignation du prochain candidat à l’élection présidentielle de 2017, qui se fera en 2016, sans doute dans le cadre d’un scrutin élargi à tous les électeurs français qui souhaiteront y participer.

En théorie, c’est évidemment une opportunité historique : pour faire triompher une stratégie «d’entente à droite», qui semble a priori recueillir d’adhésion des 2/3 ou des 3/4 des électeurs de Sarkozy le 6 mai 2012.

Sur la manoeuvre suggérée par notre correspondant A. Noireaux, j’observerai que je n’ai jamais vu un parti politique succomber à la démission d’une fraction de ses membres. Le Parti communiste français nous l’a démontré pendant 50 ans…S’agissant de l’UMP, aujourd’hui, une telle vague ( a supposé qu’elle se voie) serait de nature à renforcer le camp le plus hostile à «l’entente à droite», ce qui est le contraire de l’objectif recherché.

Le projet de Ph.H, qu’on peut qualifier «d’entrisme», est également un classique de l’histoire politique contemporaine. Le succès très relatif de ces entreprises supposait l’entrée dans la structure dominante non pas d’une masse de personnes, mais plutôt l’intégration de groupes constitués préexistants. La Convention des Institutions Républicaines entrant à la SFIO en 1971, la minorité du PSU se fondant dans le PS en 1974.

La vérité est qu’il est très difficile de modifier la culture d’une formation politique historique.   Et que celle de ses dirigeants, souvent découplée de la base, est encore plus enracinée. L’allergie au Front National est consubstantielle à l’encadrement de l’UMP et à ses élus.

Pourtant, on peut espérer que nous allons vivre, au plan de toutes les organisations politiques, une phase de démocratisation. Avec ses primaires, la gauche à devancer le mouvement. Mais la droite, sur le modèle des «Tea Party», ira sans doute beaucoup plus loin.

Là est peut être le chemin vers «l’entente à droite». Au bout duquel se retrouveront l’ami Ph. H., qui aura pris sa carte de l’UMP, et A. Noireaux, qui poursuivent le même objectif : faire se retrouver ensemble (quand besoin est) électeurs du FN et de l’UMP.

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2 réponses pour "Rendre sa carte de l’UMP. Ou bien la prendre…"

  1. Godwin dit :

    Ph. H. serait-il quelqu’un que la presse a récemment évoqué, justement en relation avec l’UMP ?
    Si oui (à moins que je ne sois complètement à côté de la plaque), pourquoi donc ne pas avoir dévoilé son nom ? L’intéressé ne cache pourtant pas son positionnement politique ni de par son discours, ni de par son parcours.

  2. Alain Dumait dit :

    Philippe Herlin, à ce moment-là, n’avait pas encore fait officiellement acte de candidature…

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