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Le Journal d'Alain Dumait » A la une, France » Pour ou contre la cérémonie aux Invalides pour « honorer » nos soldats morts en Afghanistan ?

Pour ou contre la cérémonie aux Invalides pour « honorer » nos soldats morts en Afghanistan ?

Pourquoi cette impression de malaise à assister en direct à la télévision, jeudi dernier 14 juin, à l’hommage solennel rendu par le Président de la République, dans la cour des Invalides, pour honorer quatre militaires français (sans oublier leurs deux interprètes afghans) tombés en Afghanistan, le samedi 9 juin, lors d’une attaque suicide dans la province de Kapisa ?

Pour respecter un tradition ? Mais celle-ci n’existe pas, ni en France, ni à l’étranger !

Pas plus qu’il n’est de tradition, ailleurs, d’envoyer un ministre ou un haut gradé à chaque fois qu’un mort est à déplorer. Imagine-t-on la mise en oeuvre d’une telle mise en scène aux Etats-Unis, qui viennent de compter et de dépasser les 2 000 morts en Afghanistan ?

Pour faire comme son prédécesseur ? Ce n’est pourtant pas le genre de François Hollande !… Lequel a cru même devoir aller plus loin, en invitant à se joindre à lui les anciens présidents, les anciens premiers ministres, et tous les représentants des partis politiques (Front national exclu, bien sur…). Ce qui nous a valu de voir arriver un Lionel Jospin pour une fois souriant, une Martine Aubry l’oreille rivée à son portable, comme toujours.

Soit l’on veut, vraiment, témoigner de la reconnaissance de la nation à ceux qui meurent dans l’exécution des missions assignées par des responsables politiques à nos soldats pour défendre notre civilisation, et il faut trouver des moyens concrets et constants : mieux entourer les familles, inscrire les noms des soldats concerné sur les monuments aux morts, reconnaitre le statut d’anciens combattants aux militaires ayant participé aux opérations extérieures (OPEX)…

Il faut surtout faire en sorte que ces opérations extérieures soient effectivement soutenues par l’opinion. Ce qui n’a jamais été le cas pour cette campagne d’Afghanistan…

On pourrait donc se réjouir de la décision du chef de l’Etat de retirer nos troupes et nos armes d’Afghanistan.

Sauf que tout indique que la décision du candidat socialiste était purement «politique» et même «politicienne». Ce qui l’a amené à faire ce qui constitue une faute lourde : avertir à l’avance les Talibans du calendrier de ce retrait, leur donnant ainsi la maitrise du temps, en plus de celle des routes, qu’ils ont déjà. Ce qui va rendre évidemment à très haut risque les évacuations qui doivent commencer dès le mois prochain…

Sur presque tous les plans, le nouveau président tenait à se démarquer de son prédécesseur, en faisant exactement l’inverse. On est surpris qu’il aie cru devoir poursuivre et même amplifier «l’hyperréactivité compassionnelle» de son prédécesseur, selon la forte expression du spécialiste Pierre Servent (in Le Figaro du 14 juin 2012).

Sur ce plan là, il aurait été mieux inspiré d’être plus sobre, et du coup plus respectueux du courage de nos soldats, qui ne sont ni des victimes ni des enfants.

Comme les hommes politiques ont pris l’habitude d’infantiliser les Français, c’est tout naturellement qu’ils en font autant, avec l’aide des médias, à l’égard de nos soldats. Qui ne sont pas dupes…

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