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Supervision bancaire européenne : c’est pas ça qui va relancer la croissance !

En confiant à la BCE le soin de surveiller 6000 banques européennes (y compris hors zone euro), soit directement soit par l’intermédiaire des organismes nationaux existants, les eurocrates s’imaginent qu’ils vont améliorer la crédibilité de tous ces établissements, y compris de ceux qui, par exemple en Espagne, semblent nécessiter des recapitalisations, qui ne peuvent être fournies que par la solidarité (et de nouveaux emprunts…). Et qui dit solidarité veut dire concours des plus riches vers les plus pauvres, des plus solides vers les plus faibles, de l’Allemagne et autres pays sérieux du nord de l’Europe, vers les pays du «club Med’».

La principale décision du sommet européen d’hier 18 octobre 2012 ressemble à une fuite en avant. Les banques qui ont trop prêté aux Etats, ou à des clients insuffisamment solvables, bénéficieront d’un label de plus. Mais l’aide directe du MES, Mécanisme européen de solidarité est reporté (à la mise en place des règles de cette supervision). Tandis que rien n’est dit sur le sort des banques en difficulté. Ce qui n’empêche pas de «garantir les dépôts». Mais sans dire comment…

On ne sache pas que les banques européennes – pas plus que les banques américaines d’ailleurs – aient souffert d’une insuffisance de surveillance.

C’est même le contraire : à l’abri de toutes ces surveillances, certains d’entre eux pouvaient se livrer à de belles pirouettes, ou à des opérations de marché acrobatiques.

Fondamentalement, la prospérité des banques va de pair avec la croissance économique. Qui n’a aucune raison d’être favorisée par cette future (et fumeuse) supervision.

Au delà, comme toutes les entreprises, les banques, qui doivent être contrôlées car recevant des dépôts du public, seront d’autant plus prudentes et raisonnables dans leur choix, qu’elles fonctionneront avec des fonds propres, et si possible de l’argent appartenant à leurs propres dirigeants, ou dont ceux-ci répondront.

Si la supervision bancaire européenne a pour but de sauver des établissements, d’épargner à ceux-ci les conséquences de leurs mauvais choix, juste application de l’aléa moral, elle ira même à l’encontre d’un retour, pourtant urgent, à une situation financière assainie en zone euro.

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