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Le modèle gendarmique français

Il n’y a qu’une seule façon – et pas deux  – d’assurer l’ordre, la tranquillité et la sécurité publique : elle repose sur le maillage du territoire. Plus le maillage est fin, plus les postes sont nombreux, et mieux cette fonction (évidemment essentielle, sans laquelle il n’y a pas de civilisation qui tienne…) est assurée. Cela vaut en ville comme à la campagne.

Les preuves de cette affirmation abondent.

Avec ses kôban (petits postes de garde), le Japon affiche une délinquance dix fois moins élevée qu’en France. Il y a 1 000 kôban dans la capitale et 6 000 dans l’ensemble du pays… Plusieurs pays s’inspirent de ce système qui, il faut le noter, s’applique aux villes comme aux campagnes.

Le modèle gendarmique français, à partir des brigades instituées par l’édit du 9 mars 1720, qui distingue les villes et les campagnes, est plus ancien et plus universel. Napoléon Ier l’a exporté. Une trentaine de pays l’ont copié, adapté ou adopté, le dernier en date étant le Qatar (lire p. 12).

Bien sûr, le maillage ne suffit pas. Les moyens techniques doivent être mutualisés. Des services spécialisés peuvent venir en renfort. Une justice indépendante doit contrôler les enquêtes…

Mais sans maillage, pas de sécurité publique. La situation des quartiers de non-droit, ZSP (Zones de sécurité prioritaire) ou non, le démontre…

Le casernement étant un élément fondamental du maillage gendarmique, il faut non seulement le maintenir (on pourrait même le développer et l’éten­dre…), mais encore le pérenniser. Cela suppose que les personnels soient logés, peut-être simplement, mais dignement.

Quand le rapporteur de la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale estime lui-même que le tiers des logements des gendarmes est vétuste, voire insalubre (voir p. 10 à 12), ce n’est pas seulement le moral des troupes qui est concerné – et cela en soi est déjà

grave –, c’est le maillage lui-même qui est en question. Comme une étoffe usée.

Comme un certain nombre de casernes devraient être démolies, on songe à les rayer de la carte plutôt qu’à les

reconstruire !

On me rétorquera que les caisses de l’Etat sont vides.

Je réponds : finançons la rénovation des établissements gendarmiques par un prélèvement sur les dépenses sociales (qui s’élèvent à quelque 650 milliards d’euros ! )

Après tout, cette nécessité de quelques centaines de milliards d’euros n’est-elle pas supersociale ? Et de nature à réduire les coûts sociaux de l’insécurité ?

(Edito de L’Essor de la Gendarmerie, n° 452, décembre 2012)

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