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Crise de l’euro : une chance pour une autre monnaie !

Il n’est pas certain que les anciens Grecs aient inventé la démocratie, mais il n’est pas contesté que les changeurs du Pirée, ou «trapézites», soient historiquement parmi les premiers banquiers.

La question posée par la décision prise par les dirigeants d’Athènes de rompre les négociations avec les gnomes de Bruxelles n’est donc pas tant de savoir comment les Grecs vont faire pour vivre hors de la zone euro, mais plutôt qu’elles sont les chances de survie de celle-ci.

La Grèce est entrée dans l’euro le 1er janvier 2001. Le 31 décembre de l’année précédente leur monnaie valait 340,75 GRD pour un euro. Comme les anciens billets ont cessé d’avoir cours légal, le gouvernement Tsipras va devoir dare-dare en réimprimer. Mais rien ne presse : la Banque Centrale européenne continue provisoirement à alimenter en euros les banques grecques. Et on peut compter sur l’habileté des Grecs pour utiliser encore longtemps les euros et surtout les dollars qui circulent.

Mais si rien ni personne ne garantit la nouvelle monnaie grecque, elle risque fort d’être dévaluée aussitôt qu’émise, même si elle a cours forcé…

Après tout, beaucoup de pays – sous-développés en particulier – ont une monnaie nationale et fonctionnent pratiquement avec une monnaie étrangère, le plus souvent le dollar (dont 70% des billets émis depuis 25 ans se trouvent dans des mains extérieures aux Etats-Unis).

Si la Grèce n’honore pas les échéances de remboursement de ses prêts et des obligations émises à son profit par le FMI et la BCE, elle ne sera pas la première dans l’histoire, mais elle le sera au sein de la zone euro.

Ce qui aura un coût au final pour les contribuables de la zone. La solidarité n’est jamais gratuite… Et cela constituera aussi une première : sortir de l’euro ne sera plus tenu pour impossible, ni forcément épouvantable.

La première victime de cette crise – après les contribuables, toujours dindons – est donc l’idée même de l’euro, dont la pérennité est immédiatement contestée dans l’esprit de tout-un-chacun. Et que pèsent d’ailleurs treize ou quatorze année de monnaie commune à l’échelle de l’histoire ? Dont on sait que toujours elle se venge de ce qu’on prétend bâtir sans elle…

La seconde est cette notion sans légitimité de crédits faits à des Etats, qui plus est malhonnêtes ou corrompus.

Le gouvernement grec consulte ses concitoyens sur l’austérité qui découlerait de l’application des exigences des créanciers du pays. Bien. Mais ont-ils été en son temps consultés sur les engagements que prenaient en leur nom les politiciens précédents ? Pour que ces emprunts fussent légitimes, il eut fallu qu’ils soient avalisés ou cautionnés par chaque citoyen grec, qui aurait été alors responsable en dernier ressort sur ses biens propres… Il ne faut prêter aux Etats qu’autant que ceux-ci sauront, pour rembourser, aller fouiller dans les poches de leurs contribuables. Ce que les gouvernements grecs, de droite comme de gauche n’ont toujours fait qu’assez mal…

Mais au fait, à quoi ont servi ces 315 milliards d’euros de dettes accumulées, d’abord par les banques commerciales, puis reprises par des entités dont les caractéristiques communes sont d’être désincarnées ? Pour l’essentiel à booster la consommation et l’investissement public. Et presque pas l’investissement productif.

Quand un particulier ou une entreprise cherche un crédit, sa banque veut en connaitre l’usage. Elle veut un «business plan». Quand il s’agit d’un Etat, des pseudos économistes, toujours keynésiens, prennent leurs règles à calcul, font des hypothèses de croissance, échafaudent des scénarios de prélèvements obligatoires, et font signer des politiciens qui risquent à tout moment d’être renversés, mais qui prétendent engager plusieurs générations de leurs concitoyens. Prêteurs et emprunteurs sont également coupables. D’engagements abusifs, sans légitimé réelle pour signer…

Au delà de cette crise – qui pourrait être salutaire, si elle rendait nos dirigeants plus avisés… – le problème qui point, à un horizon qui se rapproche, est celui de la monnaie : sa création, sa gestion, son échange….

Deux observations crèvent les yeux des observateurs lucides : une monnaie internationale  est encore plus utile au temps de la mondialisation qu’avant ; une telle monnaie doit avant tout échapper aux manipulations des Etats et des instituts d’émission toujours à leur solde.  Etre rendue aux citoyens.

Seul l’or, physique ou sous-jacent, répond à ces deux exigences. Il suffit de cesser d’interdire aux banquiers de demain de faire des opérations de crédit «en or».

Ce serait assez comique qu’un gouvernement grec d’extrême gauche ouvre la voie à la banque libre et à la monnaie d’or !

D’une façon ou d’une autre les monopoles monétaires tomberont. Tout autant et pour les mêmes raisons que celui des taxis !…

 

 

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