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Les taux d’intérêt bas ne sont pas la solution, c’est le problème !

Les performances de l’économie française seraient au moins aussi bonnes – et non pas plus mauvaises – que celles de ses voisins et principaux concurrents, si les entreprises n’y souffraient pas de charges et de contraintes spécifiques. Issues d’une idéologie partageuse et raboteuse.
C’est aujourd’hui une affaire entendue. Tous le monde «parlant» est d’accord là-dessus, même François Hollande et Manuel Vals, à l’exception notable d’un petit carré où se retrouvent Martine Aubry et Jean-Luc Mélonchon. Souvent appuyés – hélas ! – par Marine Le Pen.
Mais qui n’est pas frappé, au-delà des frontières hexagonales, par la langueur généralisée de l’activité économique mondiale, qui n’est même plus entrainée, aujourd’hui, par le rattrapeur chinois ?
Cette situation n’a pas échappé aux observateurs professionnels de la chose.
Mais comment l’expliquent-ils ? Par des fariboles ! La plus sotte étant celle d’une faiblesse du progrès technique alors que celui-ci explose littéralement. Et la plus archaïque étant celle de la destruction des emplois par ce progrès technique, toujours, au contraire, à la fois créateur et libérateur d’emplois…
L’explication par des raisons monétaires est parfois évoquée. Mais c’est aussitôt pour prôner des des politiques encore plus laxistes.
Alors, examinons les résultats de cette volonté «d’aisance» monétaire, pratiquée partout dans le monde, depuis une quinzaine d’année, comme un seul homme, par quelque 200 banques centrales.
Il y a 12 ans, le taux légal d’intérêt était à plus de 12% par an. Il est aujourd’hui à moins de 1%. La situation générale est-elle meilleure ?…
Il y a quatre ans, Jacques Bonhomme a obtenu un prêt immobilier a taux variable indexé, au-delà d’une partie fixe de1,6%, sur un indice dit «Euribor à trois mois». A l’époque, ce dernier  frôlait les 5%. Il est aujourd’hui en dessous de 0% ! Le marché de l’immobilier est-il en plein boom ou bien morose ?…
Tout se passe comme si les politiciens qui nous gouvernent avaient une préférence (un brin démagogique) pour les prix bas : aussi bien pour l’argent que pour le prix du pain ou le sac de riz. Mais quand a-t-on vu que les prix artificiellement bas créaient de la prospérité, même artificielle ? Ils découragent au contraire les producteurs et aboutissent à des situations de pénurie. Regardez donc, de ce point de vue, la situation, en France, des secteurs de la santé ou de la construction de logements bon marché…
Ce ne sont pas des prix bas qui encouragent l’activité, ce sont des prix justes ! De nature à équilibrer l’offre et la demande. Et cela vaut pour le prix de l’argent comme pour toute autre marchandise.
Très incidemment, j’entendais à la TV Madame la directrice de l’ENA, dire ce qu’il conviendrait de faire pour favoriser la création d’emplois dans les PME. Réponse : obliger les banques à prêter de l’argent plus facilement… Cette dame ne sait donc pas que ce n’est pas avec du crédit, mais avec de l’épargne, que se financent les entreprises nouvelles. Ni Google (fondée en 1998) ni Apple (1976) n’ont été au départ financés par du crédit !
Comme disait Ronald Reagan à propos de l’Etat (en 1986), les taux d’intérêt bas ne sont pas la solution,  mais le problème !
Cette opinion, pourtant classique, n’est présentement pas orthodoxe. Mais qu’elle était la pensée dominante sur la question du poids de la dépense publique il y a 25 ans ? Sur celle de la dette publique il y a encore 15 ans ?
Tiens, tiens !… Dépenses publiques laxistes, dette publique laxiste, politique monétaire laxiste… N’y a-t-il pas un fil conducteur ? Mais c’est bien sur ! Dépenses publiques excessives, dette monstrueuse, gonflement de la masse monétaire, c’est toujours pour alimenter la sphère publique prioritairement, et depuis trois décennies, cette hypertrophie de la finance, qui stérilise une part exagérée des ressources disponibles et plonge le monde entier dans le malheur.
Très sage, le président Reagan était partisan de ré-indexer la dollar sur le cours de l’or.
Aujourd’hui, cette idée, si on veut s’en inspirer, doit être replacée dans le contexte mondialisé, qui est devenu le notre.
Un institut d’émission ne peut certainement plus faire cavalier seul. Et seule la force des réalités amène les dirigeants politiques à changer de pied.
Qui ne voit que ce sont les forces du marché libre, alliées à la technologie, qui seules sont en mesure d’abattre les monopoles, ceux de la sécu comme celui des taxis. Il en sera de même pour la monnaie. Un jour prochain des citoyens, ici ou là, réclameront et obtiendront tout simplement leur droit naturel à pouvoir passer des contrats avec la référence de leur choix. Celle de l’or, par exemple. Et ce sera le début d’un séisme que fera tomber ces instituts d’émission. Un peu comme le mur de Berlin. Et ce sera tant mieux !

 

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