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Priorité à la sécurité des Français

Assurer la sécurité générale, des personnes et des biens, est le devoir premier de tout gouvernement digne de ce nom. C’est aussi le préalable nécessaire à l’édification d’une société prospère : il y a en effet une corrélation nette et historique entre les indices permettant d’apprécier le niveau se sécurité intérieure et ceux qui mesurent la richesse par habitant. Et aussi entre l’amélioration des premiers et des seconds. Le chaos fait toujours reculer l’économie…

Dans ce domaine, la France est très moyennement placée, dans tous les classements internationaux. Aussi bien celui de l’Institute For Economics and Peace, d’origine australienne (45 ème position et recul de 9 places depuis 3 ans pour notre payas), que selon les statistiques des Nations Unies, qui collectent crimes et délits recensés dans tous les pays du monde. C’est ainsi que le nombre d’homicides volontaires commis en France, qui a baissé depuis 20 ans, a baissé encore plus vite dans beaucoup d’autres pays développés. Il est quatre fois plus faible au Japon qu’en France…

Ces différences, qui concernent aussi bien l’insécurité objective que ressentie, s’expliquent principalement par l’organisation des structures administratives en charge de la sécurité au quotidien des citoyens. On peut penser que le maillage de la Gendarmerie Nationale, en zone rurale, avec ses 3500 brigades est supérieur à celui de la Police Nationale, qui n’a même pas un commissariat dans chaque commune placée sous sa responsabilité !

Sans doute sous l’effet de la cogestion syndicale de ce corps de fonctionnaires civils, portant l’uniforme ou non, la présence sur le terrain n’a cessé de diminuer. A Paris la plupart des commissariats de quartiers, de voie publique ou de police judiciaire, ont été fermés et regroupés. Les fonctionnaires de police refusent les missions d’ilotage comme les surveillances statiques.

En banlieue et en grande banlieue, en particulier dans les villes à forte croissance démographique, la présence de la police est faible. C’est ainsi que les « quartiers sensibles » et les « zones de non-droit » se sont développées. La police y patrouille, effectue des opérations de contrôle et y mène des enquêtes, mais elle n’y est pas présente en permanence, 24 heures sur 24.

Il est quand même paradoxal que le maillage policier en France soit beaucoup plus dense dans les quartiers calmes que dans les autres !

Depuis 20 ans au moins, et même 30, le problème de la présence policière effective et résidentielle dans les «banlieues difficiles» est posé, mais jamais résolu. Le terme même d’ilotage est vidé de son sens commun. Un car de CRS débarque, une patrouille commence, reste quelques heures et s’en va…

En cette matière de la sécurité intérieure, le modèle absolu se trouve au Japon, avec ses 6000 köban (dont 1000 à Tokyo), postes de police de proximité, ouverts et disponibles 24 heures sur 24, qui maillent l’ensemble du territoire, avec des résultats remarquables et enviables. En France, le modèle de la Gendarmerie Nationale est évidemment plus proche de ces kôban que celui de la Police Nationale. Comme l’une et l’autre sont, depuis 2009, sous la tutelle du même ministre de l’intérieur, celui-ci serait bien inspiré d’en tirer certaines conséquences…

Les considérations précédentes doivent évidemment être actualisées et tenir compte de cette nouvelle guerre mondiale contre le terrorisme.

Quoi qu’on en pense, le niveau de menace et d’alerte vient de monter de plusieurs crans. Pour y faire face il ne suffit pas de le dire et même de le claironner, il faut prendre des dispositions concrètes. Par exemple développer encore le renseignements et favoriser les signalements ; mettre en état d’alerte tous les réservistes et en recruter de nouveaux ; renforcer l’ilotage (ce que font les pouvoirs publics), mais aussi saisir cette occasion pour  organiser partout une présence permanente des forces de l’ordre. Et pas seulement par la coordination façon «zone de sécurité prioritaire», mais façon köban.

Un homme d’Etat doit savoir utiliser les circonstances. C’est le moment, parallèlement à une réelle mobilisation de toutes les forces de l’ordre, de revoir la politique pénale dans le sens  de beaucoup plus de fermeté.

En s’appuyant sur ces deux piliers, police et justice, le gouvernement pourrait décréter la mobilisation générale. Non pas tant pour «attaquer» Daesh, mais pour mieux protéger tous les Français. Un consensus serait possible sur un tel plan. Quitte à sacrifier sur cet autel un ministre Garde des Sceaux, qui ne demande elle-même qu’à partir…

Dans d’autres circonstances Les responsables de la ville de New York, à la fin des années 70, ont apporté la preuve qu’on pouvait vaincre l’insécurité et rétablir la tranquillité publique. Les circonstances graves q’il faut s’apprêter à vivre sont propices à un tel sursaut.

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