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Daesh, l’Hydre que nous avons engendrée…

L’expédition militaire d’une coalition de pays occidentaux (France exceptée) a tourné au fiasco que l’on sait en Irak. Plus personne (à l’exception de M. BH Lévy) ne défend l’intervention en Libye.Qu’allions-nous nous mêler des affaires de la Syrie, dont le retour au calme, en 1970, n’était du qu’à la poigne, souvent sanglante, du clan Assad ?

Depuis un siècle l’impérialisme, cette doctrine vieille comme le monde «civilisé», n’a que des échecs à son palmarès. Et pourtant elle continue d’inspirer à peu près toutes les classes dirigeantes. Au nom du danger révolutionnaire pour les Etats-Unis, de la protection de leur zone d’influence pour les Soviétiques puis les Russes. Au titre des droits de l’homme et de la supériorité urbi et orbi de la démocratie pour l’Europe…

(D’une Europe qui se garde bien de respecter ces mêmes principes dans son fonctionnement : l’affaire du rejet de la Constitution européenne en 2005, et son remplacement, sans referendum, par le traité de Lisbonne, restera dans l’histoire de l’Europe comme l’exemple le plus emblématique de la capacité des dirigeants auto-proclamés de l’Union à préférer les tours de passe-passe aux règles élémentaires de la démocratie… Et on remarquera que jamais une intervention militaire récente n’a fait l’objet de la moindre consultation populaire…)

Il ne s’agit pas, bien sur, de pleurer sur le lait renversé. Mais l’étiologie des crises internationales suppose qu’on garde en mémoire les causes profondes du désastre migratoire auquel nous assistons : jamais l’Europe n’avait été envahie, en quelques semaines, par autant de populations exogènes.

Mais que faire ?

D’abord,  cesser d’attaquer militairement le président syrien, quoi qu’on puisse penser de son humanité, ou bien de fournir des armes à ses opposants «modérés», ce qui revient au même, sauf que c’est le meilleur moyen de renforcer le califat de Daesh, prêt à racheter les dites armes avec l’argent du pétrole qu’il continue à produire, et à vendre…

Ensuite, aller plus loin, et donc faire sincèrement la paix avec le clan Assad (en échange d’une promesse d’élections générales, qui ne pourraient avoir lieu que dans de très nombreuses années…).

Et alors, monter une croisade internationale contre le nouveau califat, incluant si possible tous les gouvernements en place de la région, avec la Russie, les Etats-Unis et l’Europe.

Ce plan, très acceptable, est déjà validé dans beaucoup d’esprits réalistes. Ses trois séquences doivent être mises en oeuvre dans l’ordre énoncé. Nul doute qu’il sera approuvé par la quasi totalité des nations civilisées.

Attention : il y a urgence. Daesh s’installe durablement, d’abord en Irak, puis en Syrie, en Libye et demain dans la péninsule arabique, les émirats, le Sinaï… Il fêtera bientôt son dixième anniversaire. Il aligne une armée de 30 000 hommes, dont 10 à 15% des effectifs sont des musulmans venus d’Europe !…

Il menace tous les pays d’Europe. Son existence fait vaciller la construction fragile de l’Union Européenne. C’est lui, bien davantage qu’Assad, qui met sur les routes ces millions de réfugiés, sans doute infiltrés de terroristes. C’est donc lui qui provoque ces réactions populistes, qui se comptent déjà dans le fond des urnes, hier en Hongrie, aujourd’hui en Pologne, et demain en France !…

Car, dans le péril, toujours, une communauté se resserre pour faire face.

C’est d’ailleurs le principal échec de la construction européenne. Elle proposait à l’ensemble des citoyens des pays membres d’aller vers une nouvelle identité et même une nouvelle citoyenneté. C’était un idéal. Il s’est fracassé contre le mur des réalités.

En attendant que tous les gouvernements des pays civilisés retrouvent leurs esprits, et montrent ainsi qu’ils n’en sont pas complètement dépourvus, que faire avec ce million de personnes réfugiées, déjà arrivées dans nos pays ou sur les routes pour y parvenir ?

La dignité attachée à toute personne humaine commande de les accueillir et donc de construire d’urgence des centres d’hébergements provisoires.

En application de nos lois, les réfugies «politiques» pourraient s’installer durablement, à la double condition d’être utiles à notre société et d’en accepter toutes les règles. Les simples réfugiés «économiques» ont vocation à rentrer chez eux, le plus tôt possible.

Comme il s’agit d’un phénomène de grande ampleur, il convient d’inscrire les actions nécessaires dans un plan comportant plusieurs volets : accueil, police et surveillance de ces réfugiés, rappel solennel des droits et des devoirs des personnes déplacées.

Soyons francs : pourquoi un million de réfugiés font-ils le choix de «pousser» jusqu’en Allemagne, en Suède ou en France ? Un peu, beaucoup, pour profiter des largesses de nos Etats- providence. Daesh les pousse et notre sécu les attire.

Moins d’Etat-providence réduirait la pression migratoire…

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