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Le Journal d'Alain Dumait » A la une, France » Un système politique inefficace et profondément injuste !

Un système politique inefficace et profondément injuste !

A quatre semaines des élections régionales, résumons ce que nous disent les études d’opinion prédictives, ces fameux « sondages » : le Front National arriverait en tête, ou en deuxième position, dans quasiment toutes les 13 régions, s’affirmant ainsi comme la première force politique française du moment, et, néanmoins, il n’est pas acquis qu’elle gouvernera une seule région.

C’est évidemment profondément injuste et de nature à heurter le plus élémentaire bon sens.

On dira : « c’est la loi électorale ». Et la loi, c’est la loi !

Mais on n’a pas oublié que cette loi électorale, spécifique à cette collectivité territoriale, a été plusieurs fois modifiée, non seulement pour permettre l’émergence d’une majorité, quand bien même les électeurs se seraient dispersés entre plusieurs listes de force comparable, c’est « la prime majoritaire », mais c’est surtout la possibilité ouverte à toute liste ayant obtenu au moins 5% des suffrages de fusionner avec une autre se trouvant dans le même cas. Disposition établie sur mesure pour le camp de la gauche, afin de lui permettre de se rassembler au 2ème tour là ou elle ne l’avait pas fait au premier, et de le faire plus largement.

Et comme toute cette « combinazione » pourrait ne pas suffire – et faire mentir le Premier ministre Manuel Vals qui a promis que tout serait fait par le pouvoir pour empêcher l’élection d’un seul président de région FN – il n’est pas impossible que le PS se retire purement et simplement au 2ème tour, notamment dans les régions Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Provence-Alpes-Cote-d’Azur, pour « faire barrage » au FN.

On dira encore : « Il y a bien eu, dans les années cinquante, des lois électorales faites pour empêcher le parti communiste, un temps premier parti de France, d’arriver au pouvoir » (auquel il avait accédé, un temps, grâce au général de Gaulle…).

Mais cette comparaison est simplement odieuse !

Le PCF, au nom de la «lutte des classes», à l’époque affichée bien haut, prônait ouvertement la révolution et la destruction des institutions «bourgeoises», pour les remplacer par une nouvelle «démocratie populaire». Seul Staline, et ses successeurs, retenaient alors la main des communistes français…

Alors que le FN, et quand bien même on ne serait d’accord sur rien avec lui, doit être reconnu comme ultra légaliste. Ce qu’il démontre depuis plus de 40 ans !

On ajoutera peut être : « le FN ne peut pas constituer à lui seul une majorité. Et en plus, personne ne veut s’allier avec lui»

Ces deux points, pourtant essentiels dans le vade-mecum du politiquement correct, sont de moins en moins certains.

Un seul tour partout et toujours, et ce sera justice !

Car, avec la prime majoritaire, au départ conçue comme une arme anti-FN, si celui-ci arrive simplement en tête au 2ème tour, il aura sans doute une majorité absolue dans une ou deux régions. D’ou l’évocation de l’arme absolue : le retrait, dans ce cas de figure, de la liste PS. Mais les sondages nous disent que même cette réplique pourrait être insuffisante…

Ne serait-il pas plus simple, et évidemment plus juste, d’arrêter toutes ces finasseries forcement compliquées, et d’adopter, par une dernière et ultime modification de la loi électorale, le système le plus clair, à savoir l’élection à un seul tour. Et de le poser comme un principe général. Aussi bien pour les scrutins uni-nominaux, bi-nominaux (départements) que par listes. Que ce soit l’élection présidentielle, les législatives, les cantonales, les municipales ou les régionales.

S’agissant des élections pour la désignation des députés à l’Assemblée nationale, on sait que c’était la position du général de Gaule, partisan d’un scrutin uninominal à un seul tour. C’est grand dommage que, sur ce seul point,  il ait en 1958 cédé aux dirigeants des partis issus de la IVème République, en tête desquels un certain Guy Mollet, qui, il est vrai, pour quelques mois, était le ministre d’Etat du général…

Les modalités électorales sont des éléments essentielles au bon fonctionnement d’une démocratie. Et il faut qu’elle soient stables. Mais, pour cela, il faut qu’elles soient justes. C’est l’exemple que nous donnent toutes les grandes démocraties du monde. Qui tranchent de ce point de vue, avec nos systèmes variables et tarabiscotés.

Une loi électorale plus juste ne conduirait pas nécessairement à des gestions plus efficaces, mais, inversement, des lois injustes peuvent difficilement aboutir à des bonnes politiques. Car quand les lois sont mauvaises, ceux qui les mettent en oeuvre sont rarement vertueux…

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Classé dans : A la une, France

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