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De la surprise, mais pas d’étonnement…

Les attentats du vendredi 13 novembre 2015 ont été une tragique surprise. Mais ils n’ont étonnés personne…

Sans avoir nous-même quelque information que ce soit, nous disions ici-même, le 16 octobre, qu’il fallait, pour assurer la sécurité des Français, prendre un certain nombre de mesures concrètes. Et, le 30 octobre, nous ajoutions que, pour combattre Daesh – l’hydre que nous avons engendrée – il fallait organiser une unique croisade et faire alliance avec tous ceux qui rejettent le nouveau califat terroriste.

Entre temps, donc, la créature monstrueuse nous a frappé.

Force est d’abord de constater non seulement que ses tentacules viennent jusque chez nous, mais encore, qu’une partie de ses racines s’y trouve. Jusqu’au moment où le travail des enquêteurs et de la police scientifique a montré qu’il y avait au moins deux individus arrivés chez nous avec le flot des réfugiés soit-disant syriens parmi les tueurs, les médias ont dit et répétés que les assaillants étaient des «Français» ou des «Belges», précisant à peine quand ils étaient d’origine marocaine, et tous de religion mahométane…

Tout à coup, le vieux débat, qui dure depuis plus de deux siècles, entre les partisans du droit du sol et celui du sang, l’un disant que l’on a la nationalité du pays où l’on nait, tandis que l’autre dit qu’on a celle de ses parents, prend un tout autre éclairage. La question n’est plus académique mais simple et triviale. L’acquisition automatique de la nationalité en application du droit du sol est une aberration. Elle n’est d’ailleurs pratiquée que par les pays qui sont, officiellement, des pays ouverts à l’immigration, même contingentée, comme les Etats-Unis ou le Canada. Et, quand un pays veut afficher qu’il ne l’est plus, il modifie dans le sens du droit du sang sa législation, comme l’Australie l’a fait. En ne revenant pas, dans ce sens, sur une réglementation introduite en 1889, en rupture avec le Code civil de 1804, la fausse droite a commis une lourde erreur.

Admettons qu’on puisse hésiter, in abstracto. Mais peut-on être Français quand on n’aime pas la France, et même qu’on la déteste ? On peut être Français , ou belge, quand on s’appelle Abaaoud, Abdeslam, Boulahcen, Hadfi ou Aminour, mais on ne devrait pas pouvoir l’être, en l’occurence, quand il s’agit d’Abdelhamid, de Salah, d’Hasna, de Bilal ou de Samy.

La vérité oblige à dire, sur ce point, que c’est depuis trente ans la position constante du Front National…

Quand la réalité devient tragique, souvent, les yeux s’ouvrent.

En matière de politique étrangère, les conceptions chimériques sont dans l’obligation d’atterrir, et de se convertir (vite fait) à un impérieux réalisme. Même François Hollande l’a immédiatement compris, et c’est bien.

Mais, comme c’est aussi et surtout un indécrottable politicien professionnel, blanchi sous le harnais des prébendes et des combinaisons, il en a profité, le lundi 16 novembre, devant le congrès réuni à Versailles, pour glisser dans son discours deux propositions qui n’étaient opportunes qu’à ses yeux, et qui signent sa volonté matoise de profiter personnellement de cette situation.

Il propose de modifier la Constitution, afin de moderniser et d’inscrire dans le marbre institutionnel la loi de 1955 sur l’état d’urgence. Ce qui juridiquement est superfétatoire. Mais qui, politiquement, au cas où les sondages lui redevenaient favorables, lui permettrait  de mener son petit plébiscite, avant l’échéance de 2017, et même de pouvoir partir, sans être électoralement battu, si le référendum n’aboutissait pas. Attentats ou pas, Hollande fait du Hollande…

Et il saisit cette occasion pour renoncer solennellement à toute «rigueur financière». En employant des termes typiquement européistes : «le pacte de sécurité doit l’emporter désormais sur le pacte de stabilité».

C’est d’abord une façon d’essayer de s’exonérer à l’avance de tout reproche de laxisme.

On sait que, faute de réforme de structure, les objectifs de réduction du déficit endémique des finances publiques n’avaient aucune chance d’être tenus. Les attentas sont de ce point de vue une indécente aubaine.

Bien sur qu’il faut augmenter conjoncturellement et sans doute durablement les crédits et les moyens des forces de l’ordre et de la justice. Mais, comme ensemble ces services ne représentent qu’une enveloppe de quelque cinquante milliards d’euros, il était tout à fait possible de redéployer : en coupant dans les subventions et les budgets dits sociaux, par exemple, pour renforcer la police, la gendarmerie et la magistrature.

Nous voila donc en guerre contre le terrorisme. Il était temps !…

Mais, pour mener la guerre, il faut un chef. C’est au prisme de cette situation que serons maintenant observés les candidats à l’élection présidentielle qui aura lieu en France dans 17 mois, les 23 avril et 7 mai 2017. Sauf imprévu. Qui peut toujours arriver…

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