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Les conditions de la «concorde nationale»

S’il veut vraiment contribuer à la concorde nationale, sans rechercher les « combinaisons » politiques, comme il l’a dit le 17 décembre, Hollande doit d’abord nous dire s’il s’adresse désormais à la seule opposition parlementaire, s’érigeant alors en chef naturel de l’UMPS, devenue LRPS, ou si, comme c’est son devoir, il prêtend s’adresser à tous les Français, y compris les 6 820 000 d’électeurs du Front National du 2ème tour des dernières élections régionales.

Tout indique évidemment que le chef de l’Etat est dans le schéma de hypothèse première. Si l’enjeu des prochaines primaires de l’opposition est de désigner le candidat ayant les meilleures chances d’affronter Marine Le Pen le 7 mai 2017 (puisque toutes les études la donnent désormais présente au 2ème tour), sur ce critère, les électeurs de droite pourraient ne pas choisir le plus à droite…Et préférer Juppé à Sarkozy. D’ici là, jusqu’au 20 novembre 2016, l’équipe élyséenne sera à la manoeuvre pour essayer d’attirer dans ses filets tel ou tel potentat régional redevable à la gauche de sa stratégie de «barrage républicain».

Mais imaginons un instant que l’ancien premier secrétaire du parti socialiste soit sincère. Que devrait-il faire ? N’envisager des réformes ou des changements que dans la seule mesure où ceux-ci seraient soutenus par une très large partie de l’opinion, FN compris.

Si l’on considère ces dernières élections régionales on est frappé par le fait que le mode de scrutin, proportionnel avec prime majoritaire, a été violemment critiqué sur le seul point de l’existence d’un deuxième tour, occasion pour les états-majors politiques de donner à leurs candidats des consignes différentes selon l’importance du «danger»FN, allant même jusqu’à ne pas revenir sur le terrain en 2ème mi-temps…

Mais pourquoi ne pas instaurer un scrutin à un seul tour ? Soit que la gauche et la fausse droite s’allient avant l’élection et les électeurs le savent en en tiennent compte, soient qu’ils courent chacun pour eux et les mêmes électeurs décident.

Il n’y a d’ailleurs aucune raison de ne pas instaurer un vote à un seul tour, avec prime majoritaire pour les scrutins de liste, élection présidentielle comprise. C’était d’ailleurs le souhait premier du général de Gaulle en 1958, avant qu’il ne se laisse fléchir par les caciques de la IVème République…

Alors les conciliabules entre politiciens de gauche et de droite peuvent se faire plus ouvertement. Certains pourraient même proposer une primaire de la droite et du centre élargie à la gauche de gouvernement. Le «Barrage» républicain, alors assumé, cesserait d’être une combinaison honteuse…

On objectera que la réforme du mode de scrutin n’est pas le problème des Français le plus urgent à résoudre. Sans doute. Mais cette singularité française qui nous fait voter différemment à chaque scrutin, selon les majorités qui gouvernent et leurs calculs savants, empoisonne notre vie publique, alors qu’un mode de scrutin à un seul tour serait à la fois plus juste et mieux accepté.

Les systèmes politiques, comme les autres, pour bien fonctionner, ont besoin de règles stables (qui sont mêmes supérieures aux plus justes, comme disait Rivarol…). Et on remarquera que les pays bien gouvernés disposent de règles stable, à commencer par leurs lois électorales.

Ce serait donc une bonne méthode de commencer ainsi une entreprise de «concorde nationale».

Pour le reste, en économie, ou en politique étrangère, il suffirait d’écouter un peu plus l’opinion et un peu moins les pseudo-élites auto proclamées. Un programme de réductions des dépenses publiques (en commençant par les subventions aux associations-sans-associés), de simplification administrative ( d’abord du droit du travail), et de contrôle de l’immigration (aux frontières comme dans les banlieues), pourrait constituer une base solide.

Ce n’est pas à nous d’aller aujourd’hui bombarder et demain envahir (?) la Syrie ou l’Irak pour la raison que s’y est développé un chancre barbare que nous avons nous-mêmes fortement contribué à faire naitre. C’est bien sûr aux pays directement exposés de faire front à l’intérieur de leurs frontières pour l’Irak et la Syrie, à la limite de celles-ci pour les autres pays de la zone. Les aider, oui ! Etre à leur tête, non !

Une telle entreprise de «concorde nationale» ne peut pas prospérer si on continue – avec les résultats que l’on voit… – à ostraciser matin, midi et soir le FN et ses électeurs, lesquels, dans les études d’opinion, sur des questions comme celles évoquées ci-dessus, ne se distinguent pas particulièrement des autres.

Et puisque le président de la République cherche manifestement à revenir en grâce aux yeux des Français, le mieux serait, pour prouver son désintéressement, qu’il ajoute qu’il ne se représentera pas. Ce qui serait digne d’un président «normal»…

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