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Guerre de civilisation. Terrorisme. «Après la défaite»…

Fin 1940. L’armée française a capitulé. Le gouvernement de l’Etat français obéit à celui du Reich allemand. Bertrand de Jouvenel, journaliste et intellectuel, remet à don éditeur Plon le manuscrit d’un nouveau livre qu’il intitule «Après la défaite». Où il recherche les causes profondes de la situation où se trouve son pays. Pour cela, il remonte plus de 20 ans en arrière, à la fin de la guerre 14-18, et embrasse aussi bien le champs politique que culturel, social et économique. Car c’est une société toute entière qui n’a pas su préserver et organiser la paix.

Dans la foulée du 11 septembre 2001, l’Amérique a attaqué l’Afghanistan, alors gouverné par les islamistes Taliban, puis, l’Irak, le 20 mars 2003. La France a attaqué la Libye en 2011, puis soutenu les rebelles syriens à partir de la fin de la même année. Le chaos, provoqué par ces initiatives a permis la création, en réplique, d’un Etat islamique, acronyme Daesh, qui appelle tous les musulmans au djihad, et plus particulièrement à commettre des attentats aveugles et spectaculaires en France. Bilan, sur ce seul théâtre intérieur : 250 morts depuis deux ans. Pour l’instant, objectivement, c’est une défaite, et même lourde.

S’agissant de la France, en cet été 2016, on est frappé à la fois par la capacité de nos gouvernants à réagir et à s’exprimer presque dans la minute qui suit chaque événement, surtout quand il est dramatique, et, en même temps, par leur incapacité à même seulement envisager les conséquences à moyen et long terme de leurs décisions, toujours prises dans l’urgence.

Quelques exemples de ces politiques ineptes :

  • En 1973-1974, comme le marché du travail commence à se tendre (on craint de voir le nombre des chômeurs passer à 500 000 ; on dépasse aujourd’hui les trois millions officiels …), on décide de verrouiller l’immigration de travail et de libérer le regroupement familial. En l’espace de trente ans le nombre de personnes de religion musulmane présentes en France passe de cinq à dix millions, évidemment de moins en moins bien assimilées, c’est à dire de plus en plus marginalisées et souvent rejetées. Depuis vingt ans, les capacités d’accueil par la France de populations exogènes sont largement dépassées. Angélisme et imprévoyance.
  • L’Etat-providence, paralysé par ses propres métastases, continue à recruter de nouveaux fonctionnaires et à dépenser de l’argent  sur le compte des générations futures. Pour essayer de se maintenir au pouvoir, coûte que coûte, le Parti socialiste fait encore en 2016 pour dix milliards d’euros de nouvelles dépenses budgétaires. Démagogie et impéritie.
  • L’Etat, tous les Etats, continuent de dépenser à crédit. Complices, les instituts d’émission font tomber à zéro les taux d’intérêt, permettant ainsi le maintien de la perfusion monétaire. L’argument de la relance des investissements comme argument de cette funeste politique est démentie par les faits. Mais la destruction de l’épargne, et donc des classes moyennes, conséquence inéluctable d’une telle politique, échappe complètement au bon sens de nos mandarins prétendus financiers. Mensonges et arrogance.
  • La politique étrangère de la France n’est pas plus raisonnable. Qu’allons nous faire au milieu des sables mouvants, sinon nous enliser ?
  • Quant à la sécurité intérieure, bien sur indissociable d’une politique clairvoyante dans tous les autres domaines – ceux évoqués ci-dessus et bien d’autres… – elle nécessite impérativement la création de postes de police partout, et en particulier dans les zones qui en sont totalement dépourvues. 3000 brigades de gendarmerie veillent sur la moitié de la population française et 95% du territoire. C’est l’exemple à suivre pour les 5% du territoire restant, où vivent 95% de la population, en particulier les prochains djihadistes…

La situation politique d’un pays forme un tout, certes complexe, mais pas inextricable. Il est normal que les élites soient placées dans des positions de responsabilité. Mais, dans un régime qui se veut démocratique, elles ne peuvent prétendre gouverner toujours contre le peuple. Ce qu’elles font pourtant. En tout cas en France : immigration, Etat-providence, épargne, politique étrangère, sécurité intérieure, autant d’exemples qui le démontrent.

François Hollande, Manuel Valls et même Alain Juppé, nous appellent à l’unité nationale, «à faire bloc», disent-ils.

Oui, bien sur ! Mais sans eux ! Car, comme disait Einstein, « on ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré ». Ni avec les mêmes responsables, arcboutés sur des modèles dépassés. Depuis au moins quarante ans…

Oui monsieur le Premier ministre, en matière de terrorisme, le risque zéro n’existe pas. Mais il y a des sociétés où il pousse mieux que sur d’autres.

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