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Sécurité générale : nous sommes tous responsables !

Selon Christian Estrosi, Les Républicains, ex-maire de Nice et nouveau président de la région PACA (élu avec le soutien de la gauche et de l’extrême gauche…), « l’Etat est l’unique responsable de la sécurité ».

Bien sur, cette déclaration en date du 12 aout, faite à l’occasion d’un entretien avec un journaliste du quotidien «Les Echos», doit être replacée dans le contexte des suites de l’attentat du 14 juillet, qui a fait 85 morts sur la Promenade des Anglais. Une enquête est en cours. Les victimes et toute l’opinion publique sont dans l’attente d’un audit sérieux sur les circonstances du drame et les responsabilités qui en résultent.

Pour l’instant, on sait simplement que ni le préfet ni le maire de Nice ni son 1er adjoint (Estrosi) n’étaient physiquement présents à la réunion de préparation du dispositif de sécurité mis en place pour ce feu d’artifice. On sait que le camion loué par le terroriste était stationné depuis plusieurs jours à l’intérieur d’un périmètre interdit à ce type de véhicule. Que ni la mairie ni personne d ‘autre n’avait jugé bon de mettre à l’entrée de la zone piétonnisée le moindre obstacle physique à une telle intrusion. Et qu’aucun des 64 policiers mobilisés de la police nationale n’était présent à 22:33 quand le camion fou fit irruption et entama son carnage. On sait enfin que l’alerte fut donnée par un fonctionnaire municipal à partit du poste de télésurveillance…

Attendons le résultat des investigations en cours. Et tenons le propos du sieur Estrosi pour ce qu’il est principalement : le déni d’un présumé coupable !

Examinons quand même plus avant cette affirmation.

Sans doute, dans l’esprit de son auteur, elle va de soi. L’Etat serait responsable de la sécurité, comme il le serait de l’éducation des enfants, ou de la protection sociale… Comme il le serait de tout.

Cette conception d’une souveraineté collective incarnée par quelques politiciens n’est hélas ! chez nous pas réservée à une gauche socialiste, elle est aussi, spontanément, partagée par des responsables politique de droite. M. Estrosi dit « l’Etat est l’unique responsable de la sécurité », comme M. Juppé disait hier «L’Education nationale est là pour former des citoyens…»

Ce genre d’assertions irréfléchies résulte de la négation des droits des individus, corollaire de leur souveraineté irréductible.

Chacun est d’abord et avant tout responsable de lui même. Originellement et pour toujours. Le pseudo «contrat social» est une fiction. Parfois commode, mais trompeuse.

Chacun a le droit et le devoir d’assurer sa propre sécurité, celle de ces enfants et de ses proches. C’est la raison pour laquelle nos amis américains se sont dotés, dès 1791, du 2ème amendement de leur Constitution, qui garantit à tout citoyen le droit de porter une arme. Droit qui va d’ailleurs faire l’objet d’une sorte de référendum à l’occasion de la prochaine élection présidentielle…

On dira : « les Américains ne sont pas comme nous». En attendant nous conseillons à nos enfants de pratiquer les sports de combat, on conseille aux femmes seules d’avoir dans leur sac une petite bombe lacrymogène. Et les «personnalités» pistonnées se voient délivrer facilement des ports d’arme…

Ceci étant dit, et en particulier sur l’espace public, la collectivité a évidemment la responsabilité de la sécurité générale et du maintien de l’ordre. Dans ce domaine, toute défaillance est coupable. On pourrait même soutenir que c’est principalement sur ce critère que doit s’apprécier l’efficacité de l’organisation des pouvoirs publics.

Dans le cadre de la notre, en France, telle qu’elle est, un double principe s’impose : celui de la subsidiarité et celui de la supériorité du niveau central.

En application du premier, c’est bien le maire de toute commune – Paris et les départements de la petite couronne exceptés – qui a la charge d’assurer sur son territoire le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publique (art 2212-1 du Code général des collectivités territoriales). Les citoyens ne s’y trompent pas qui, spontanément – même à Paris… – se tournent vers lui pour réclamer des mesures concrètes sur toutes ces questions, auxquelles les élus locaux sont sommés d’apporter des réponses, dans le cadre des lois et sous le contrôle des préfets.

Le débat peut porter sur les moyens : police nationale dans les villes de plus de 20 000 habitants ; gendarmerie partout ailleurs (95 % du territoire et 50% de la population) ; polices municipales presque partout. Et sur leur efficacité…

Conclusion : de même que les individus ne peuvent certainement pas se défausser de leurs responsabilités naturelles, de même l’homme fort de Nice ne peut sans indécence rejeter sur l’Etat la totalité de la responsabilité de leur commune imprévoyance.

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Classé dans : France, Terrorisme

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